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Janvier 2018,

Voici le récit du voyage effectué à leurs propres frais par Chantal Decock, Clotilde Gauchan, Françoise Halbwachs, Anne Wirth–Zahnd ...

Déroulé chronologique

samedi 6 - départ de l'aéroport de Francfort à 21h

Nous bouclons nos bagages, en emportant à nous trois 15 kg de d'instruments chirurgicaux offerts par le Dr Chevrier, du Club Rotary de Nancy à remettre au Dr Anil Shrestha à Kathmandou. L'enregistrement des bagages est effectué rapidement : ils atteignent le poids limite sans le dépasser ! Le temps de passer les différents contrôles tranquillement, nous nous rendons à la porte d'embarquement et montons dans l'avion.

dimanche 7 - atterrissage à Kathmandou à 16h

Courte escale à Abu Dhabi avec suffisamment de couloirs à parcourir pour nous faire faire un peu d'exercice.
L'arrivée à Kathmandou est magnifique.

Le ciel dégagé offre un panorama exceptionnel sur la chaine de l'Himalaya.
L'avion effectue deux tours complets au dessus des crêtes des Mahabarats, ce qui nous permet d'apercevoir au loin la pyramide rocheuse de l'Everest surpassant les sommets alentours.

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A l'arrivée (15h30, heure locale), nous sommes attendues par Phinjo, qui assure la logistique du séjour, et Clotilde. Un taxi nous emmène tous à l'hôtel, l'UTSE, à Thamel, où nous sommes heureux de retrouver les propriétaires en assez bonne forme. S'il reste des ruines ça et là, la ville semble restaurée. Elle est toujours vivante, bruyante, encombrée de motos et de véhicules.

lundi 8 - rencontre avec Clotilde, Kalpana et le Dr Anil Shrestha, au sujet du projet de financement de la formation de 30 sages-femmes aux gestes d'urgences obstétricaux (SBA).

Phinjo nous cherche en taxi à 9h30 et nous nous rendons dans un monastère proche du "stupa" de Bodnath. Phinjo a perdu sa mère 6 semaines auparavant et moi la mienne le 26 décembre.
Dans un petit local sombre et frais, j'allume une à une 108 lampes à beurre ... une lumière paisible et une douce chaleur se répand dans la pièce.
Puis, nous rentrons à pied à Thamel en passant par Pasupatinath. Nous traversons d'abord un quartier résidentiel bâti d'immeubles proprets de 3-4 étages avant d'arriver aux berges de la Bagmati, petit ruisseau bordé de terrains vagues et franchi sur un tronc en bois.

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Parvenus derrière la colline de Pasupatinath, nous entrons dans le parc et grimpons l'imposant escalier permettant d'en atteindre le sommet, sur lequel se trouvent de nombreux les temples. La plupart sont debout, certains sont en reconstruction. Nous redescendons de l'autre coté, vers les plates-formes de crémation.
Il fait grand beau et je m'arrête pour contempler la fumée s'échappant d'un bûcher. Elle me murmure : "Fumée, vent, cendres et poussière. Voilà ce que nous sommes, voilà comment tout finit. Vanité, poursuite du vent que nos projets et nos oeuvres. La colère est vanité, les soucis sont vanité, le bonheur même est vanité... seule reste la paix ...". Certes... mais continuons donc à vivre...

L'après midi, en compagnie de Clotilde et Kalpana, une enseignante de l'école technique de Jiri, principale interlocutrice de Clotilde pour le programme de financement de bourses d'ANM (sages-femmes), nous nous rendons à Patan où nous avons rendez-vous avec le Docteur Shrestha au sujet de la formation de 30 sages–femmes aux gestes d'urgences obstétricaux (SBA).
Ce projet est né en septembre 2016, de la conjonction du souhait du frère de Clotilde, Monsieur Christophe Bernard, membre du club Rotary de Nancy, de solliciter la Fondation Rotary pour un projet d'envergure au Népal et de la demande de Kalpana.

Cette formation sera très très utile pour compléter celle des sages-femmes dispensée par l'école de Jiri. Elle donne lieu à un diplôme national et se déroule sur 3 mois. En l'occurrence, il s'agirait de permettre à une trentaine de sages-femmes et à 4 enseignantes sages-femmes de suivre cette formation.
Le coût (par personne) est de 40-50000Nrps pour les frais pédagogiques et 25000Nrps par mois pour les frais d'hébergement et de nourriture, soit au total 100000Nrps (à la grosse louche, environ 830 euros).

Ce projet sera financé par le Rotary. Pour cela, le partenariat d'un club Rotary local est requis et Clotilde s'est mise en relation avec le Docteur Anil Shrestha, chirurgien orthopédiste, membre du Club Rotary de Patan-Ouest et directeur de l'Institut Nick Simons de Kathmandou.

Juste un petit aparté concernant l'histoire du Nick Simons Institute de Kathmandou :
Nick Simons était un sympathique jeune homme de 22 ans, qui a séjourné au Népal en 2002 durant 9 mois (dans le cadre d'un projet hydro-électrique). De retour aux Etats-Unis il a décidé de consacrer sa vie à ce pays et a entamé des études de médecine. Malheureusement, il est décédé accidentellement en 2003. Ses parents, ses sœurs et des amis se sont alors rendus au Népal, dont ils ne connaissaient à peu près rien.
Finalement il en est résulté en 2006 une association, nommée "Nick Simons Institute", financée par la fondation Nick Simon, qui a pour but l'amélioration des soins aux populations rurales reculées et qui accomplit un travail formidable en terme de formation de professionnels de santé et de soutien à des structures de soins. Une "AFPN puissance 10", en quelque sorte !

Donc, nous avons rendez-vous, Clotilde, Kalpana, le Dr Shrestha, le président du Club Rotary de Patan Ouest, Monsieur Rajesh K. Kayastha, et nous, dans les locaux du Nick Simons Institute, situés dans le quartier sud de Kathmandou (Patan). Deux autres membres du club se joignent à nous. Il s'agit de se rencontrer et de faire le point sur l'avancée du projet. Nous sommes très favorablement impressionnées par le Dr Shrestha.

En pratique, Kalpana est chargée de sélectionner les candidatures. Elle bénéficiera elle-même de cette formation. Elle a déjà colligé les dossiers d'une trentaine de sages-femmes, mais le choix définitif des postulantes n'a pas encore été arrêté  et doit être soumis à l'approbation de Clotilde et du Docteur Srestha. Toutes les ANM concernées ont été formées par l'école technique de Jiri. Toutes doivent ultérieurement travailler dans des centres de naissances, publiques ou privés. Les enseignants qui doivent bénéficier de cette formations travaillent, eux, dans les écoles techniques de Jiri, Séti et Jumla.

Les dates et le lieu de la formation seront déterminés par le club Rotary de Kathmandou-Ouest, en lien avec le gouvernement et l'école technique de Jiri.

La place d'AFPN consiste en une "garantie morale" vis-à-vis du Club Rotary de Nancy. En outre, sur le plan pratique, AFPN apportera une contribution de 500 euros et aura la responsabilité de l'organisation technique de l'évaluation à distance de la formation.
En pratique, il s'agira de voir ce que deviennent les personnes formées, si elles ont bien un emploi dans un centre de naissances, où, combien d'accouchements elles pratiquent mensuellement ... Cette évaluation se fera en collaboration avec l'école technique de Jiri, grâce à des questionnaires déjà mis au point par le gouvernement.

Le projet est donc bien engagé et les membres du club Rotary de Kathmandou Ouest sont en mesure de le finaliser.

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La réunion close, nous remettons au Dr Shrestha les instruments offerts par le Dr Chevrier avant de prendre congé.

Mardi 9 - Gorkha par bus : rencontre avec Badri et les étudiants CMA

Nous nous levons tôt : notre bus part de la station de Balaju à 6h45. La gare routière est étendue, propre, asphaltée, bien organisée, avec des toilettes correctes. Le bus part à l'heure prévue mais s'arrête tous les 200 mètres pour embarquer du monde ce qui fait qu'il met plus d'une heure pour atteindre la périphérie de Kathmandou. Le trafic est dense, ralenti par des travaux d'entretien de la route.
Nous arrivons finalement à Gorkha à 14h30-15h.

La ville de Gorkha elle-même  ne semble pas  trop endommagée : les  reconstructions  sont visibles partout.

Sitôt arrivés, nous rencontrons 7 des boursiers de la nouvelle promotion d'infirmiers (CMA). Chacun se présente et remercie l'association pour l'aide apportée. Nous rappelons brièvement la genèse d'AFPN, la motivation des fondateurs, les buts de l'association, puis nous les questionnons sur leur projet futur. Les étudiants expriment tous leur désir de travailler ultérieurement dans leur village d'origine.

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mercredi 10 - Bhachyak par jeep - Rencontre avec l'équipe de dispensaire - Discussion au sujet du programme de télémédecine

Un programme de télé-médecine a été initié par un partenaire américain, ASK Foundation in California.
Cette ONG s'était engagée à former des infirmiers de dispensaires de régions reculées, à installer les ordinateurs et à payer des médecins de Kathmandou pour être à l'autre bout de la ligne. Elle s'était adressée à Badri pour la mise en œuvre du projet.

AFPN avait donné son accord pour financer 3 postes : ordinateur et abonnement de connexion durant 1 an, pour 3 infirmiers choisis par Badri ;
mais seuls deux postes ont été équipés : Barpak et Bhachhek et les connexions n'ont jamais fonctionné.

Nous nous rendons sur place pour évaluer ce projet.

Avec Badri, nous prenons place dans une jeep spacieuse, une "scorpio" confortable du constructeur indien Mahindra. En passant, je note l'amélioration du parc automobile népalais avec l'apparition de 4x4 neufs en grand nombre. Nous partons pour Bhachhek, situé à 40 kms au nord de Gorkha, sur la crête qui surplombe la rive ouest de la Daraudi Khola, 1000 mètres plus haut. Curieusement, au lieu de suivre la Daraudi Khola jusqu'à Chanaute puis d'escalader la montagne, le chauffeur commence à grimper dès Chhoprak, puis emprunte une piste qui suit la ligne de crête. Le panorama est sublime mais la piste cahoteuse et nous nous félicitons du bon état de nos vertèbres, capables d'encaisser les chocs sans se tasser.

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Au bout de 4 heures de ce régime, nous parvenons à destination. Le village de Bhachhek a été fortement abîmé lors des séismes et, tous comme les hameaux traversés jusque là, il est en majorité constitué de maison en tôles, souvent grandes et électrifiées.

Nous sommes accueillis par Monsieur Suresh Dawadi, infirmier chef, qui nous fait visiter le dispensaire : c'est une belle bâtisse sur 2 niveaux. Sa construction a commencé juste avant le séisme, il est donc quasi-neuf. Les deux spacieuses tentes "mess" qui ont été dressées à côté pour assurer les consultations durant sa construction sont toujours en place, vides. Attenant au dispensaire se trouve une maison permettant d'héberger 3 parturientes durant le post-partum. Elle comprend 2 pièces, une pièces meublée de 3 lits et une cuisine équipée d'une cuisinière à gaz et de casseroles. Tout est propre … mais vide.

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Le dispensaire est spacieux, clair et bien bâti. Le sol est en marbre, facile d'entretien. Au rez-de-chaussée se trouvent : un hall d'accueil, une salle où sont dispensés des conseils nutritionnels, une autre pour les conseils de planification familiale, une salle d'examen, une salle de pansement, une salle d'avortement (par misoprostol PO), une petite pharmacie.

Un vaste escalier monte à l'étage où se trouvent une salle de classe ainsi qu'une salle d'accouchement.

Mais le plateau technique est quasi inexistant : il n'y a pas de laboratoire.

Et l'entretien des locaux est médiocre : les sols sont poussiéreux, les lavabos peu reluisants et ça et là, une vitre cassée est réparée avec du carton.

L'équipe comprend 6 personnes : 1 health assistant, Monsieur Dawadi, 2 assistant health workers, 3 ANM.

En dehors des heures d'ouverture, Monsieur Dawadi exerce dans un petit local proche du dispensaire, disposant d'une petite pharmacie, complémentaire à celle du dispensaire, qui contient 45 spécialités. Il nous montre l'ordinateur fourni par AFPN. La connexion ne fonctionne toujours pas.

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Après la visite des lieux, nous discutons avec lui au sujet de la télémédecine. Constatant que la plupart des Népalais sont équipés de smartphones, nous nous posons la question de la nécessité de l'ordinateur et de la connexion. En effet, en l'absence de connexion internet, il lui arrive de solliciter des conseils médicaux par téléphone. Il relate le cas d'un patient pour lequel les médicaments ont été envoyés de Kathmandou après avis téléphonique, épargnant au patient le déplacement. La question de la rémunération du médecin sollicité reste entière.

Nous n'avons pas eu l'occasion de suivre une consultation par Monsieur Dawadi, faute de patient. Par contre, lorsque nous nous sommes promenés avec lui dans le village, nous avons constaté qu'il est connu et respecté des habitants.

En fin d'après-midi, nous nous rendons dans une auberge proche, reconstruite en tôles. Nous passons la soirée dans la cuisine, seule pièce un peu chauffée par le feu de cuisson des repas et passablement enfumée.

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Le dîner avalé (un bon daal-baat à la viande), nous nous rendons dans nos chambres et nous glissons avec délice dans nos sacs de couchage douillets.

jeudi 11 - Barpak par jeep - Rencontre avec l'équipe de dispensaire - Discussion au sujet du programme de télémédecine

Le lendemain matin, nous partons pour Barpak, village situé de l'autre coté de la vallée. La piste descend pour rejoindre la Daraudi Khola, qui coule 1000 mètres plus bas. Elle est étroite, pentue et nous sommes soulagés d'atteindre enfin dans le fond de la vallée où nous retrouvons la piste principale qui remonte le long de la rivière. Après quelques kilomètres, au confluent de la Rangrung Khola, nous obliquons à droite et prenons la piste sinueuse qui, escaladant la montagne, mène à Barpak, à 1915m d'altitude.

Tout au long de la route, on constate des travaux importants. La plupart ont été réalisés avec le soutien d' ONG internationales, ainsi que l'attestent les nombreux panneaux portant leur logo et expliquant leur action sur le terrain : fontaines publiques toutes les 3 à 4 maisons dans un village, électricité, etc... Plusieurs ponts en construction traversent la Daraudi Khola.

A Barpak même, lieu de l'épicentre du séisme, la ville est composée d'un mélange de maisons "transitoires" de tôle bleue  et de  maisons neuves en béton armé, pour certaines imposantes et de bonne facture.

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Nous sommes attendus ! L'infirmier chef du dispensaire, Monsieur Anil Kumar Shah, a des difficultés pour sonder un patient en rétention d'urine. Il s'agit d'un homme âgé (81 ans), en bon état général, maigre, dont le bas ventre arrondi indique un globe urinaire.

L'infirmier n'a pas réussi à introduire une sonde. Il faut dire que la prostate a la taille d'une orange ; sa consistance permet de penser qu'il s'agit d'un volumineux adénome. Il n'y a pas de sonde béquillée et nous échouons nous aussi à introduire une sonde trop molle jusque dans la vessie. Nous piquons alors perpendiculairement un cathéter pour perfusion IV de 22mm, 2 travers de doigt au dessus de la symphyse pubienne, permettant l'évacuation lente de l'urine, soulageant très rapidement le patient. Un geste qu'aucune de nous n'avait jamais réalisé en France (ni ailleurs), tenté avec l'énergie du désespoir face aux souffrances du patient, finalement facile à réaliser en raison de l'absence de panicule adipeux et de l'importance du globe. Le problème de fond n'est hélas pas réglé et le patient part en ambulance vers un hôpital où une sonde sera posée.

Nous rencontrons le personnel du dispensaire et discutons du programme de télémédecine : Mr.Shah utilise l'ordinateur. Par contre, la connexion fait encore défaut. En l'absence de connexion, M. Shah utilise son téléphone et appelle un collègue qui travaille dans un centre de soins primaires.

Puis, plusieurs patients sollicitant une consultation, M. Shah nous demande de les examiner. Nous refusons de le faire «à sa place» et proposons notre aide s'il y a lieu. Nous assistons donc aux consultations, en plein air, sur l'esplanade située devant le dispensaire.

Peut-être paralysé par notre présence (?), l'infirmier recueille peu de renseignements ; l'auscultation à travers les 2 pulls portés par le petit patient est perçue sifflante, alors que, le sthéto étant posé à même la peau, elle est juste "normale", l'otoscope ne permet pas l'examen des tympans par manque de batterie ...
Il n'y eut hélas pas une consultation pour racheter l'autre...

Bref, en terme de télémédecine, la question qui se pose est celle de la fiabilité des informations. Quelle pourra être l'aide apportée par le médecin, à l'autre bout de la ligne, dans ces conditions ? Qui portera la responsabilité de la décision médicale, si celle-ci repose sur des données erronées ?

Par suite, nous nous désengagerons de ce programme.

La journée s'achevant, nous nous rendons dans l'auberge du lieu, propre et accueillante. Apéritif, repas, la soirée ne s'éternise pas, il fait froid et nous sommes heureux de retrouver qui son duvet douillet, qui sa couette.

vendredi 12 - Retour à Gorkha par jeep - Visite à Birenchowk pour évaluer la trousse de premier secours - Rencontre avec un étudiant en 2ème année de pharmacie - Rencontre avec les membres du bureau d'IDCN de Gorkha

Nous partons à pied de bon matin, laissant la jeep nous rattraper dans la descente. La piste est encore en travaux et nous voyons les bulldozers à l'oeuvre : des engins puissants, tout ce qu'il y a de plus moderne !
Là encore, on est frappé par l'amélioration de la qualité du matériel.

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Puis, revenus dans le fond de la vallée, nous descendons la piste le long de la Daraudi Khola. Peu avant Chhepetar, nous retrouvons l'asphalte : joie et félicité, quel soulagement pour nos vertèbres !

En remontant vers Gorkha, nous faisons halte à Birenchowk.
A l'instigation de M. Prem Thapa, instituteur, et de Mme Nilima Ale, qui a suivi une formation de secouriste assurée par la Croix-Rouge, le "model child club de Barthok" de Birenchowk avait sollicité l'an dernier AFPN pour le financement d'une trousse de premier secours. Cette trousse comprend un brancard et de quoi désinfecter des plaies, faire des pansements, calmer la douleur...

Nous nous rendons sur place pour évaluer la situation.
Nous sommes reçus par M. Prem Thapa et par Mme Nilima Ale, colliers de fleurs et "tikkas".

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Ce programme fonctionne : Mme Ale assure bénévolement les soins en urgence avant transfert à l'hôpital de Gorkha (distant de quelques km). La trousse est désormais vide. Il n'est pas prévu de financement autonome du projet. Nous lui remettons un baudrier, utile pour chercher les blessés dans des terrains pentus, et nous engageons à renouveler le contenu de la trousse.

Mr Thapa nous informe de ce que le "model child club" organise un programme de sensibilisation à la santé auprès des villageois et sollicite un financement pour indemniser les intervenants ainsi que pour acheter du matériel pédagogique : un ordinateur portable, un vidéo-projecteur, une caméra. Nous expliquons à nos hôtes que la mission essentielle d'AFPN concerne la formation de soignants et que, tout en reconnaissant l'intérêt de ce projet, nous ne pouvons accéder à leur demande. Nous promettons de la transmettre à quelque association plus versée dans l'éducation et la pédagogie.

De retour à Gorkha, nous rencontrons un des étudiants en pharmacie bénéficiant d'une bourse. Il est en dernière année d'étude. Il est originaire d'un village situé à 4h de marche à l'est de Gorkha. Il a pour projet de travailler à la pharmacie de Badri et aussi d'ouvrir une petite pharmacie dans son village, un ou deux jours par semaine, en fonction de ses moyens.

Enfin, le soir, nous sommes invitées par les membres de l'association "Integrated Development Center Nepal", à un dîner convivial.

samedi 13 - Maskichhap : visite du réseau d'adduction d'eau, repas et cérémonie d'inauguration

Ce jour est un grand jour : celui de l'inauguration officiel du réseau d'eau du village de Maskichhap (mis en fonction il y a 8 mois).

Ce projet avait été élaboré en 2014, à la demande de M. Badri Maskey, mais retardé par l'assèchement d'une des sources pressenties puis par le séisme de 2015. AFPN s'était attelée à la recherche de financements et avait noué un partenariat avec l'association Aleaugémeau d'Obernai, compétente et fort expérimentée dans ce domaine, membre comme elle du collectif inter-associatif "Humanis".  Une équipe menée par Raymond Schalk s'était rendue sur place en octobre 2016 et une convention de partenariat avait été signée entre Aleaugémeau, AFPN, Integrated Development Center Nepal (association népalaise créée par Badri, responsable de la supervision des travaux et de la formation technique des responsables de la maintenance) et Jamune Drinking Water & Sanitation Users Committee's (le comité de l'eau de Maskichhap).

Les travaux ont été rondement menés et et le réseau fonctionne depuis le printemps 2017.

Nous allons donc avec Badri à Maskichhap.
Nous commençons par nous rendre à la station de prélèvement de l'eau, localisée dans un petit val étroit situé à 200m en contrebas du village. Nous sommes accompagnés par M. Binod Khanal, le maître d'oeuvre, qui nous explique que son entreprise a dû préalablement construire gratuitement les pistes nécessaires au chantier.

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La station du bas comprend la source, placée à quelques dizaines de mètres en amont, équipée d'un collecteur, d'une évacuation de trop-plein, d'une vanne et d'une canalisation conduisant au réservoir du bas.

Le réservoir fait 25m3. La canalisation afférente passe par un filtre (AZUD) destiné à éviter l'arrivée de boues et de résidus végétaux dans le réservoir. La canalisation efférente passe par une pompe qui propulse l'eau jusqu'au réservoir du haut, quelques 250m en amont.

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Attenant à cette pompe se trouve un local technique, couvert de panneaux solaires destinés à procurer l'électricité permettant son fonctionnement. Les mois d'hiver, les panneaux fonctionnent 8h par jour, les mois d'été, 10h par jour. Un technicien gère la station du bas.

Puis nous remontons au village et nous nous rendons au réservoir du haut, lui aussi d'une capacité de 25m3. De là partent plusieurs volumineux tuyaux qui desservent chacun une zone différente du village. La distribution de l'eau est limitée à 3 heures le matin et 3 heures l'après-midi. Elle permettrait de fournir au maximum 600 litres d'eau par jour par foyer, soit de multiplier par 7 la consommation d'eau par rapport à "avant". Mais cette consommation n'est pas atteinte. Chaque maison possède un réservoir de 1m3 qui lui permet de stocker l'eau et d'en avoir en permanence à disposition.

Nous relevons quelques compteurs : 27m3, pour les 8 premiers mois de mise en service pour la première maison (soit 115 litres/jour en moyenne), 64m3 pour la deuxième : cette surconsommation relative est expliquée par la reconstruction d'une maison en béton, technique qui nécessite beaucoup d'eau. 11M3 à peine pour la 3e, dont le propriétaire est souvent à Kathmandou...

L'eau est facturée mensuellement 250 rps les 5000 premiers litres, plus 30 rps chaque m3 supplémentaire.

63 maisons (sur 77) sont branchées sur le réseau, ce qui garantit un financement de 15750 rps tous les mois, destinés au salaire du technicien de maintenance et à celle-ci. Il y a en outre 1 fontaine publique alimentée par le réseau. Les anciennes fontaines du village sont branchées sur d'autres sources, à peu près taries.

L'inspection étant terminée, nous sommes conviés à déjeuner d'un bon daal-bhaat très convivial, puis prenons place avec les représentants du comité de l'eau du village, d'IDCN et des politiques locaux sur la place où se trouve la fontaine publique et où se déroule la cérémonie d'inauguration.
Celle-ci dure des heures, de nombreux notables se succèdent pour des allocutions plus ou moins longues, plus ou moins pertinentes.

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Françoise, en tant que représentante d'AFPN et d'Aleaugémeau n'échappe pas à l'obligation d'un petit discours en népali, au cours duquel elle félicite le Comité de l'eau, IDCN, le maître d'oeuvre et les ouvriers, explique les buts spécifiques d'AFPN et la place d'Aleaugémeau dans la réalisation du projet.
Différentes danses locales s'intercalent entre les discours.

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Puis nous coupons cérémonieusement le ruban permettant l'accès à la fontaine publique et ouvrons le robinet. Après quoi, nous sommes tous conviés à danser.

Puis des cadeaux sont remis à différents membres de la communauté, et à nous aussi (un "topi", chapeau traditionnel népalais).
Enfin, nous sommes invités à partager un dernier en-cas auquel participent tous les villageois. La liesse exprimée par ceux-ci est bien réelle, tous remercient abondamment pour cette eau arrivant au robinet sans qu'on n'ait plus besoin de la chercher et de la porter "gagri" après "gagri".

Enfin, le soleil disparaissant derrière les crêtes, nous prenons la route du retour.

Certes les travaux du réseau sont achevés, mais des améliorations sont encore en cours.
D'une part, le filtre à sable a été rajouté après coup. Un système de purification par chloration s'avère nécessaire afin que l'eau soit potable au robinet et doit être installé. Enfin, seule l'usage au fil des temps (chrono et météorologique) dira si les panneaux solaires sont suffisants ou s'il convient d'adjoindre un groupe électrogène pour faire fonctionner la pompe.

Le budget n'est donc pas clos et nous comptons sur nos amis d'Aleaugémeau pour compléter le financement.

dimanche 14 - Pokhara par bus - Rencontre avec un étudiant en médecine en demande d'aide financière - Rencontre avec Gyan Bahadur

Après le petit déjeuner, vers 9h, nous montons dans le bus de Pokhara.

Arrivés à destination et installés dans un hôtel non loin du bord du lac, nous rencontrons d'abord Gyan Bahadur, ancien principal de l'école de Paudwar qui vit désormais à Pokhara mais reste très impliqué dans la vie du village. Nous prenons un thé et discutons de choses et d'autres. Un des grands projets de Gyan est la transmission de la mémoire du village. Il a réalisé un film racontant la vie des villageois, du temps de sa jeunesse aux dernières années.
Lorsque Gyan est né, le Népal s'ouvrait à peine et, hormis la vallée de Kathmandou, la vie s'y déroulait quasi comme au moyen-âge : pas de routes, pas d'eau courante, pas d'électricité, des rites chamaniques en cas de maladie, pas d'école. Le pays comptait 8 millions d'habitants, la longévité moyenne y était de 30 ans, compte-tenu d'une mortalité périnatale et infantile élevée.
Il vit maintenant à l'heure du XXIe siècle. La longévité moyenne atteignant 65 ans, le pays compte 30 millions d'habitants, dont 5 vivent à l'étranger. Dans chaque famille, un ou plusieurs enfants sont expatriés, les plus chanceux pour étudier, en Inde, à Singapour, aux USA, les moins chanceux pour travailler dans les grands chantiers des Emirats où certains succombent de coup de chaleur. Les téléphones intelligents sont présents dans toutes les familles mais, au village même, les maisons n'ont toujours pas d'eau courante et ne sont pas équipées de lave linge ni de réfrigérateur. La route est parvenue jusque là-haut l'an dernier, nous pourrions nous y rendre sans marcher 1 mètre.

Mais nous choisissons d'y aller en 5 jours de randonnée, en empruntant le chemin de Mahabir Pun, balisé blanc-bleu, qui évite les nouvelles pistes, qui ne passe pas par le chemin de trek classique et qui dévoile des panoramas absolument superbes.

Mahabir Pun est un homme extra-ordinaire que nous avons rencontré en 2010. Extra-ordinaire par son parcours et par son investissement dans le développement de son pays. Son action combine l'accès à internet des régions reculées dans le but de les désenclaver et leur développement économique par un tourisme éco–responsable. D'où "son" itinéraire, jalonné de lodges communautaires.

Après avoir discuté avec Gyan Bahadur, nous avons, à la demande de Badri, un entretien avec un jeune homme, étudiant en première année de médecine au Gandaki College de Pokhara. C'est un garçon brillant, vue sa note au SLC (95/100). Sa famille a pu assumer, en vendant des champs, les frais (très élevés) de scolarité.

Il sollicite AFPN pour le financement des frais d'hébergement et de nourriture. Il exprime le souhait de travailler ultérieurement en zone reculée et sa candidature sera retenue.

lundi 15 - Nayapul par bus puis Purnagaon à pied (4 heures de marche)

Nous nous levons à 6h30, 2 porteurs arrivent à 7h.

Monsieur Harka Tamang, la cinquantaine, a déjà emprunté le chemin de Mahabir Pun, que nous avons choisi comme itinéraire. Il est accompagné d'un ami, Monsieur Suk Bahadur Ghale. Les deux hommes ont été recrutés par le réseau de Phinjo, en l'occurrence un de ses amis Sherpa qui vit à Pokhara.

Nous prenons 2 taxis pour nous rendre à la gare routière pour Baglung. Les taxis empruntent une large 4 voies qui traverse Pokhara dans le sens Nord-Sud et sur laquelle la circulation est très fluide.

Nous montons directement dans le bus de Gandrung. Il fait une pause "casse-croûte" après le col de Khare et nous petit-déjeunons de thé et d'un samosa épicé. Il nous débarque à Nayapul (1000m) à 10h15.

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Nous partons donc le ventre à peu près vide mais le cœur allègre, persuadés que nous trouverons un tea-shop en chemin, traversons la Modi Khola et empruntons une large piste, heureusement peu fréquentée par des véhicules à moteur, qui gravit tranquillement la montagne. Après ¾ d'heure de marche, nous la quittons pour un beau chemin en escalier qui escalade la montagne tout à fait abruptement. La montée est raide et il fait très chaud.
Nous sommes soulagés d'atteindre Jogithum (1600m). Hélas, il n'y a pas le moindre restaurant sur la route et nous devons nous contenter des quelques bananes et des quelques mandarines emportées un peu par hasard. Passé la crête de Jogithum, le chemin longe le flanc sud de la montagne en pente douce.

Nous atteignons Puranagaon (1750m) vers 14h et décidons d'y faire étape car il s'y trouve le seul gîte jusqu'à Lespar, village encore éloigné de 5 heures de marche.

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On nous cuisine un bon daal-baath, nous faisons un peu de lessive et l'après-midi s'écoule tranquillement. La famille qui tient le gîte est chrétienne évangélique. Elle est d'ethnie Magar, originairement de religion hindoue.

mardi 16 - Lespar, 5 heures de marche

Nous nous levons à 7h, prenons un bon petit-déjeuner, des pains tibétains agrémentés du miel acheté par Phinjo à la ferme d'en face. Nous partons à 9h, Harka en tête, Suk Bahadur fermant la marche.

Le chemin monte à flanc, passe par deux villages (où nous n'apercevons aucun tea-shop) puis entre dans la jungle. Le ciel est couvert, mais comme nous longeons le flanc sud d'une crête qui nous sépare des montagnes enneigées situées plus au nord, nous ne pourrions de toute façon pas les apercevoir. Le paysage est très sauvage, le chemin peu fréquenté.

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Nous traversons une forêt de rhododendrons. Nous grignotons en cours de route les pains tibétains que nous avons pris la précaution d'emporter.
Nous parvenons à Lespar en début d'après-midi. Le village est très bien tenu, les rues sont très propres, bordées de corbeilles à ordures.

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Nous logeons au Jaljala home stay, un lodge communautaire. Le fils de la maison nous accueille et, les estomacs réclamant leur dû, nous cuisine une platée de pommes de terres aux épinards.

mercredi 17 - Nyangui, 5 heures de marche

Après un petit-déjeuner de chapati au miel, nous partons vers Nyangui. Il fait doux, le temps est magnifique. Nous montons progressivement dans une forêt de rhododendrons et atteignons la crête en deux heures de marche facile. L'air de la forêt est parfumé par l'odeur des daphnés (arbustes ou sous-arbrisseaux de la famille des Thyméléacées, à feuilles caduques).

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Un chautara invite à une petite pause bienvenue : nous sommes à un important carrefour.
Nous venons du sud-est. Vers le sud part le sentier qui descend vers Kusma, que nous avions emprunté en janvier 2014. Vers le nord se détache le chemin qui gravit directement l'Hampal pass, tandis que le chemin de Nyangui se poursuit à flanc de montagne vers le nord-ouest. C'est celui que nous prenons. Peu après, au détour du sentier, la face sud-est du Dhaulagiri apparaît brusquement dans toute sa majesté. C'est une très bonne idée que de faire le chemin dans ce sens, car nous marchons vers les cimes enneigées qui se découvrent au fur et à mesure.

Nous passons peu après par une ferme où nous demandons du thé chaud, puis poursuivons. Nous longeons le flanc sud du Thakado Dil et avons une vue dégagée sur les gorges de la Kali Gandaki. Le chemin remonte vers la crête et franchit un col situé à 2632m. Le panorama est époustouflant, s'ouvrant, droit devant et à droite, sur le Nilgiri et les Annapurnas nord et sud.

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Le chemin descend plein nord vers Nyangui, et le Dhaulagiri apparaît sur la gauche venant compléter le tableau. Nous logeons au magnifique lodge de Mahabir Pun (2320m). La douche est tiède, le chauffe-eau solaire semble moins performant qu'il y a 4 ans, bah !

Il est tôt, nous déjeunons et faisons un petit brin de lessive. Les chambres sont accueillantes, les WC propres.

jeudi 18 - Gorepani par la crête de Hampal, 8 heures de marche

Une rude journée nous attend : nous nous levons à 5h30, petit-déjeunons à 6h.

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A 6h15, les premières lueurs de l'aube éclairent l'Annapurna 1, l'Annapurna sud et l'Hiun Chuli,dont les sommets s'illuminent vers 6h45, lorsqu'ils sont enfin touchés par les rayons du soleil. Nous partons dans l'air froid, les champs sont recouverts de givre. Le chemin monte vers le sud-est, abruptement. Nous re-voilà parmi les rhododendrons, les narines charmées par les effluves des daphnées. Nous parvenons à Camp site (2620m) à 7h45 et à la crête du Thadako Dil à 8h15. Le chemin passe sur le flanc sud de la crête et poursuit la grimpette vers Hampal pass, que nous atteignons à 9h15.

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De là, nous apercevons, loin en contrebas, les faubourgs de Béni qui bordent la Kali Gandaki.
Nous traversons une chaume, puis passons sous les falaises qui bordent le bord sud du Sripu Danda.
Vers 10h, nous retrouvons le chemin venant directement de Lespar, dans une clairière dégagée offrant une vue magnifique sur le Machha Puchhare, l'Annapurna 2, le Lamjung Himal. Puis nous traversons une forêt de rhododendrons et montons sur le flanc est du Sripu Danda, vers la Mohare Danda. Au sommet de la colline (3320m) se trouve un lodge communautaire où, après avoir admiré le panorama sur 360°, nous déjeunons confortablement.

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Après le déjeuner, nous poursuivons vers le nord. Nous descendons, prenons la crête du Dhunga Gade Danda et atteignons un col à 3226m. Laissant sur notre gauche le chemin de Mahabir Pun, toujours balisé bleu et blanc, qui mène au lodge communautaire de Danda Kharka, nous suivons la crête de la Poon Danda jusqu'à Poon Hill, 3210m, où nous arrivons à 15h.

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Nous passons l'après midi à contempler le cirque constitué, d'ouest en est, par le Gurja Himal, les contrefort du Dhaulagiri, le Dhaulagiri qui se prolonge par la crête du Tukuche Peak, puis le massif du Nilgiri, puis l'Annapurna 1, dominant la paroi rocheuse immense du Fang, l'Annapurna Sud, l'Hiun-Chuli, le Machha Puchhare. Nous admirons l'effet des changements de la lumière de cette fin d'après-midi sur le Fang et les contreforts de ces géants, scrutant la crête de Khopra Danda qui nous fait face. Enfin, les sommets enneigés se teintent d'orange avant de virer au gris-bleu.
Le soleil se couchant, nous descendons à Gorepani, tandis que l'air fraichit brusquement.

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vendredi 19 - Paudwar : 5 heures de marche - rencontre avec le health committee, Purni Maya et l'infirmière du dispensaire samedi

Nous nous levons tôt pour assister au lever du soleil d'une terrasse située à l'aplomb de Gorepani. Les sommets apparaissent bleutés dans l'aube grise, puis, dès que le soleil les atteint, se colorent de rose.

Nous descendons, rejoignant bientôt la nouvelle piste qui grimpe depuis Gharkholagaon. Heureusement, elle n'est pas trop fréquentée par les véhicules à moteur et le chemin pédestre ne fait que la croiser. Nous traversons une forêt de rhododendrons.

Arrivés à Chitre-Phalante, nous croisons le chemin de Mahabir Pun, qui descend directement dans le fond de la vallée de la Ghar Khola, qu'il traverse avant de remonter sur le gros bourg de Swanta. Puis il escalade le flanc sud de la montagne jusqu'au lodge de Chistibang et la crête de Khopra Danda. Là-haut se trouve un lodge communautaire et le troupeau de yak amené par Gyan Bahadur en 2002, dont le lait alimentait à ses début la fromagerie de Paudwar.

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Nous continuons par le classique chemin de Tatopani que nous quittons à Sikkha. Après une soupe aux nouilles et quelques mandarines, nous prenons le chemin de Paudwar, descendons sur la Ghar Khola, que nous traversons grâce à un robuste pont suspendu, puis remontons en face. Nous atteignons Paudwar à 15h. Après avoir pris nos quartiers chez Hasta Maya, nous partons au dispensaire.

Le dispensaire construit en 2013 est devenu un « sub-health-post" et une ANM-SBA assure les consultations de 10h à 15h. C'est une jeune femme de 21 ans, originaire de Bandipur, nommé « temporairement » (contrat d'un an renouvelable). Elle est payée par le gouvernement.

Le sub-health post occupe une petite partie du bâtiment financé par la famille Haar et comprend 1 pièce de consultation et d'examen et un local de stockage des médicaments. Y est adjoint un local indépendant de quelques m2, intitulé "centre de naissance". Ce local est sombre et froid, il contient une table gynécologique. La sage-femme y a effectué 7 accouchements en 1 an.

L'autre partie du bâtiment a été cloisonnée et est constituée d'une part d'une pièce meublée d'un lit d'examen et d'une armoire permettant le stockage des médicaments fournis par le comité de santé et d'autre part d'une vaste salle semi-ouverte où nous prenons place pour discuter.

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Purni Maya assure les consultations de 8h à 10h et de 15h à 17h. Ces horaires arrangent beaucoup les villageois. Purni Maya ne reçoit pas d'autre indemnité que les 10000 rps allouées par AFPN. Elle a fait sa formation d'ANM il y a 6 ans et souhaite la compléter par une formation de pharmacien, qui dure 3 ans et qui lui permettrait de gagner sa vie en vendant les médicaments.

Elle souhaite passer l'examen d'entrée de l'école de Pokhara, en août. Actuellement, les médicaments prescrits proviennent du stock (très réduit) du sub health-post ou sont achetés (à Béni) puis vendus par le comité de santé aux patients (avec un bénéfice de 25% pour le comité de santé), ce qui me semble à peu près "para-légal" dans la mesure où le gouvernement népalais n'autorise la vente des médicaments qu'aux pharmaciens titulaires d'une licence.

Les membres du comité de santé ne sont pas ravis à l'idée que Purni Maya quitte le village durant 3 ans. Nous faisons valoir que ça lui permettrait de gagner son autonomie financière, sa "survie" dépendant pour le moment entièrement d'AFPN, ce qui n'était pas prévu comme cela à long terme. (Il nous paraissait évident qu'en prenant dans son giron le dispensaire, le gouvernement prenait aussi Purni Maya).

samedi 20 - Randonnée autour de Paudwar (Bhalkarka)

Notre mission est terminée. Nous nous offrons une belle balade en direction de Balkharka, une chaume située sur une crête, à 3 heures de marche au dessus de Paudwar, à 2750 m d'altitude. (L'altitude de Paudwar est de 2000 m).

Après avoir traversé les champs en terrasse, notre chemin monte dans une forêt de bambous et rhododendrons. Vers 2500 m d'altitude, les effluves parfumées du daphné enchantent nos narines. Arrivés en haut, nous découvrons de vastes pâturages d'été.

Le panorama nous saisit : Nilgiri, Fang, Annapurna 1 et Annapurna sud semblent si proches !

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Au sommet de la petite colline se trouve un petit temple ainsi qu'une antenne et un bâtiment en ruines, témoins de la guerre civile (1996-2006). Au cœur de la prairie, une petite maison à moitié brûlée, je ne sais dans quelles circonstances.

Harka et Suk Bahadur emplissent des sacs avec des orties sauvages, qu'ils cueillent à l'aide de pinces en bambous qu'ils se sont confectionnées. Nous mangeons le pique-nique préparé par Hasta Maya : des œufs mollets succulents et des chapatis. Tout est si calme et si beau.

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Nous redescendons, croisant en cours de route un chantier de captage d'eau bien en amont du village de Nepane. Le bruit d'un aboiement nous surprend : il s'agit d'un cerf ("mirga").

Le soir, Hasta Maya nous sert les orties en soupe, en accompagnement du daal-bhaat. C'est une bouillie gluante.

dimanche 21 - Tatopani : 3 heures de marche

Après le petit-déjeuner, nous partons pour Tatopani. Nous faisons nos adieux à Hasta Maya.

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Radj, le fils de Hasta Maya, nous accompagne. Il nous montre le nouveau chemin car l'ancien n'est plus utilisé. Il emprunte la piste ou se fraie un raccourci entre les virages.

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Nous parvenons à Tatopani en fin de matinée. Nous prenons nos quartier au "trekker's lodge" où j'ai habité durant 2 ans, il y a maintenant 30 ans de cela. Le lodge s'est modernisé et offre des chambres équipées de salle de bain. Mais à la douche froide nous préférons un bain dans les sources chaudes, toujours bien aménagées.

lundi 22 - journée de repos, visite du dispensaire

Journée de farniente à Tatopani ; nous en profitons pour visiter le nouveau dispensaire : il est grand et propre. Le sol est carrelé.

Le personnel comprend 6 employés dont 2 SBA (sages-femmes formées aux situations d'urgences obstétricales). Les sages-femmes pratiquent 1 à 2 accouchements par mois. On pratique des avortements médicamenteux jusqu'à 8 semaines de grossesse. Il y a un laboratoire où sang et urine peuvent être analysés.

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mardi 23 - Pokhara par bus, rencontre avec Gyan Bahadur

Nous rentrons en bus. La route longe la Kali Gandaki jusqu'à Kusma puis remonte le long de la Modi Khola jusqu'à Nayapul. De là, elle escalade la montagne, franchit le col de Khare, longe la crête jusqu'à Naudanda et descend vers la plaine de la Yangdi Khola, affluent de la Seti Khola qu'elle rejoint peu avant son arrivée à Pokhara.

marcredi 24 - Kathmandu par bus

Nous rentrons à Kathmandou en bus.

jeudi 25 et vendredi 26 - Kathmandu,

Temps libre dans la ville et achat d'artisanat pour notre stand.

S'il y a une adresse remarquable, c'est celle du restaurant créé par Mahabir Pun, le "Nepal Connection", (adresse : Sagarmatha Bazar, Mandala Street, Thamel ; tél 981 727 19 66 ; www.nepalconnection.org.np ; connection2nepal@gmail.com).
On trouve dans son restaurant de l'artisanat des village et de la documentation.
Les bénéfices sont dévolus au développement des communautés rurales dans les secteurs de l'éducation et de la santé.

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samedi 27 - Départ

L'artisanat a remplacé les instruments chirurgicaux et c'est tout aussi lourdement chargées que nous prenons le chemin du retour.

Le programme de financement de bourses d'étude peut se poursuivre ainsi que l'aide à Purni Maya. Nous sommes soulagées et heureuses de la bonne issue du projet de construction du réseau d'adduction d'eau de Maskichhap, que nous n'aurions pu mener à bien sans l'expertise d'Aleaugémeau. Enfin, nous avons pris la mesure des limites d'un projet de « télémédecine », duquel nous jugeons plus sage de nous désengager. Et, chemin faisant, la découverte d'un itinéraire de randonnée alliant des paysages somptueux à un tourisme au service des communautés villageoises.

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rédigé par Françoise Halbwachs, le 27/04/2018