chargement En cours...


Cher(e)s Ami(e)s,

Voyage effectué du 28/12/15 au 17/01/206 par Combeau Isabelle, Decock Chantal, Goument Marie, Halbwachs Françoise, Plainfossé Anselma, membres de l'association, durant leurs vacances, à leur propre frais. Clotilde Gauchan, qui représente AFPN au Népal, les a accompagnées durant tout le séjour.

Ce voyage-ci, c'est en mai 2015 qu'il a commencé, quelques jours ou quelques semaines après le premier séisme qui a ravagé le centre-nord du Népal, alors que plusieurs actions d'aide aux victimes étaient organisées par nos partenaires et financées par AFPN.

La mobilisation de nos sympathisants a été importante, les dons ont afflué, la plus grande partie en a été utilisée sur 3 sites :

Nous partîmes donc "vérifier" la bonne utilisation des fonds envoyés et évaluer les projets de reconstruction pour l'attribution du reliquat des dons dédiés aux victimes des séismes.

 

Le programme du séjour était le suivant :

29 décembre 2015 : arrivée à Kathmandu l'après midi

30 : se rendre à Beding : aller à Gongorkhola en bus

31 : marcher jusqu'à Simigaon

1 janvier 2016 : marcher jusqu'à Dongang

2 : marcher jusqu'à Beding

3 : rester à Beding, visiter le village et la gompa

4: retour à Dongang

5 : retour à Simigaon

6: retour à Gongor Khola

7: aller à Jiri : d'abord jusqu'à Charikot en bus puis à Jiri en jeep

8 : visiter l'école de Jiri, rencontrer les élèves qui bénéficient d'une bourse et l'équipe des enseignants, notamment le tout nouveau Principal de l'école

9 : rentrer à Kathmandu en bus

10 : aller à Gorkha en microbus : rencontrer les élèves qui bénéficient d'une bourse

11 : se rendre à pied à Maskichhap : rencontrer le comité de l'eau pour voir ce qu'il en est du projet d'adduction initié il y a 2 ans puis retourner à Gorkha, à pied

12 : aller à Takukot en jeep : en chemin, visiter 3 écoles ayant bénéficié des tôles ; sur place, rencontrer les bénéficiaires de l'aide apportée en Juillet

13 : aller à Aarughat en bus : en chemin, visiter 1 école ; sur place, rencontrer le Dr Santosh Maskey, ancien boursier

14 : rentrer à Kathmandu en bus

15 : visite du centre historique, achat d'artisanat pour nos stands ; rencontre avec Swastika samedi

16 : rencontre avec Krishna Pun, coordonnateur des projets à Paudwar

17 : départ de Kathmandu tôt le matin

View

Ce voyage a été particulier, difficile, parce qu'il s'est inscrit dans les suites de séismes dévastateurs et que, pour des raisons politiques, il y avait depuis le 20 septembre 2015 un embargo terrible sur tous les biens transitant par l'Inde (pétrole, gaz).

En atterrissant à Kathmandu, les dévastations ne sautent pas aux yeux, car la plupart des maisons construites ces 30 dernières années ont tenu le choc, et elles sont nombreuses, tant la démographie de la vallée a explosé suite à l'augmentation de la longévité de la population d'une part et l'afflux massif des populations rurales lors de la guerre civile (1996-2006). Pour mémoire, la population népalaise est passé de 5 millions en 1900 à 8 millions dans les années 60, 13 millions en 1985 et 30 millions actuellement. Il y a à l'aéroport de Kathmandu la photo d'une vue aérienne prise en 1960 : quelques palais Rana dans la pampa ...

D'avion, on aperçoit le stupa de Swayambunath, manque la tour Bimsen.

La ville est noyée dans un smog âcre : faute de pétrole, les gens cuisinent sur des feux de bois. Par contre, la circulation est moins dense, moins anarchique.

On voit ça et là d'interminables files de véhicules à l'arrêt, bus et voitures, en attente de ravitaillement d'essence.

Les coupures de courant sont fréquentes et prolongées : les Kathmandoïtes disposent de 3 à 4 heures d'électricité par jour, parfois moins, ce qui entraîne de fait des coupures d'eau. Mais nous, clients des hôtels, sommes épargnés car ceux-ci disposent de leur propres groupes électrogènes.

En se promenant dans le vieux quartier du Durbar (où sont situés temples et anciens palais royaux), c'est la désolation. Le temple de Taleju (XVIème siècle) est debout, mais ses garnitures ont disparues ; plusieurs temples sont carrément manquants, les gravats ont été déblayés, ne reste que leur socle. Ceux encore debout sont étayés par des poutres posées obliquement en contrefort.

ViewViewView

La coupole du stupa de Swayambunath porte la trace de profondes fissures colmatées grossièrement.

ViewView

Certains des monuments entourant la coupole sont en ruines. Et c'est très profondément étrange que de voir des monuments religieux, symboles d'éternité, détruits, même si l'impermanence de toute chose est une idée fondamentale du bouddhisme. Cependant, tout autour, les gens vivent, rient, prient.

Ailleurs, le long des routes, les maisons récentes, en béton, sont debout. On aperçoit de très nombreux baraquements en tôle ondulée, qui sont des abris provisoires, rudimentaires. Il reste des maisons plus anciennes, certaines intactes, d'autres fissurées, d'autres à moitié effondrées, d'autres enfin totalement ruinées. Le bazar de Jiri a été particulièrement touché ainsi que le monastère surplombant la ville. Gorkha, plus "bétonnée" à moins souffert.

Les principales routes et pistes ont été réparées. On est frappé par le nombre de glissements de terrain récents, larges coulées ocres zébrant les flancs vert foncé des collines et contreforts himalayens.

View

Les bus venant du Téraï ont les pare-brise en morceaux quand ce ne sont pas toutes les vitres. Transportant souvent quelques bouteilles de gaz ou d'essence servant à alimenter le marcher noir, ils sont caillassés par les manifestants du Téraï (qui protestent contre le nouveau découpage du pays en 7 provinces dont 3 en bordure sud). Certains véhicules ont d'ores et déjà fixé de grosses grilles ou des cagettes devant les pare-brise.

Le problème de la destruction des ordures n'a semble-t-il pas progressé et les rivières restent des cloaques charriant plastiques et bouteilles vides, quand ce ne sont pas des piles. Aussi nous sommes nous félicitées d'avoir déconditionné toutes nos friandises personnelles et d'avoir remporté en France nos propres ordures : geste dérisoire mais nécessaire.

Mais la beauté des cimes argentées demeure ainsi que celle des terrasses soigneusement cultivées escaladant les flancs des collines et celle des forêts sauvages des contreforts des hautes vallées.

View

BEDING

Cette partie du séjour a été organisée par notre partenaire Phinjo Sherpa, guide d'altitude et accompagnateur de trekking de l'agence "Chhogaru". Beding n'est accessible qu'à pied, en 3 jours de marche (ou en hélicoptère, mais ce n'est ni dans notre budget, ni dans notre philosophie).

Pour nous rendre à Beding, nous prenons le bus direct allant à Gongor-Khola. Il emprunte la route de Jiri jusqu'à Charikot puis bifurque et descend à flanc de montagne jusqu'à la Tama Koshi qu'il remonte, après la petite ville de Singati, en passant par une gorge étroite, circulant dangereusement entre une pente rocheuse quasi verticale dont on se demande juste quand elle va s'ébouler et le ravin surplombant la rivière.

View

Nous atteignons notre but en fin d'après midi.

Le lendemain, nous poursuivons à pieds le long de la Tama Koshi, traversant une large zone dévastée par un glissement de terrain et parvenons à Tchot-tchot. Nous empruntons le pont qui enjambe la rivière avant d'entamer la montée vers Simigaon.

View

C'est tout d'abord un escalier raide cheminant dans une jungle de bambous et d'arbustes avant d'atteindre les premières terrasses cultivées puis les premières maisons. Nous logeons tout en haut, dans une lodge équipée, confort ô combien apprécié, d'une douche avec chauffe-eau solaire.

View

Nous fêtons le réveillons, bien sagement, d'une bouteille de vendange tardive et d'une petite boite de foie gras, toasté sur du pain d 'épice, que nous partageons avec Phinjo et les porteurs ainsi que notre logeuse. Lorsqu'il est minuit au Népal, il est 18h45 en France, lorsqu'il est minuit en France, il es 5h45 au Népal.

ViewLe Chhogaru

Le lendemain, nous partons pour Dangong, une grosse journée de marche à travers la jungle, avec une pause déjeuner à Surmuche. Abîmée par le séisme, cette lodge est en partie reconstruite.

View

Puis nous poursuivons à flanc de montagne, remontant toujours la Rolwaling à travers la forêt (rhododendrons, bouleaux et bambous). Nous apercevons 3 volumineux nids d'abeilles accrochés aux parois rocheuses d'une falaise située de l'autre coté de la rivière.

View

Nous sommes à environ 3000m et il reste 700m à grimper pour parvenir à Beding à la nuit tombante car le manque d'oxygène ralentit considérablement notre allure. Le chemin est bon parce que les dégâts occasionnés par les séismes viennent d'être réparés : glissements de terrain emportant des segments de chemin, destruction du pont.

ViewView

Arrivés à destination, nous logeons chez les nièces de Phinjo car le lodge du village est fermé : les propriétaires viennent de partir pour Kathmandu où ils passent la saison froide.

View

Selon les dires de Phinjo, Beding est situé sur une terre sacrée car au pied du mont Gaure Shankar, demeure de la déesse tutélaire du Dalaï Lama ; les premiers arrivants étaient des ermites et une gompa a été érigée il y a environ 300 ans.

Les ancêtres de Phinjo, originaires du Solokumbu, sont arrivés il y a un centaine d'années.

A son apogée, il y a 10 ans, le village comprenait 72 maisons réparties sur plusieurs hameaux s'échelonnant sur une quinzaine de kms, de Nimare en aval à Na en amont : Nimare, Ramding, Jablu, Simigoldjo, Chamlika, Gardjigya, Beding, Doghare, Pansale, Gyendusa et Na. La plupart des familles possédaient 3 maisons, réparties dans les différents hameaux, habitées selon les saisons et les occupations. Il y avait alors environ 200 habitants qui cultivaient la pomme de terre, le radis et élevaient des chèvres, des moutons et des yaks.

Les hommes sont partis accompagner les expéditions ; actuellement ils sont 55 grimpeurs de très haut niveau, qui tutoient l'Everest et qui vivent à Kathmandu entre deux expéditions.

Les enfants partent étudier ; restent les femmes et les vieillards, dont la plupart descendent à Kathmandu durant l'hiver, à cette altitude assez rigoureux même si le village n'est pas pris dans les glaces : les précipitations sont faibles et la température est positive en journée.

Une école a été construite grâce au financement de Sir Edmund Hillary, mais elle semble fermée. Une clinique médicale y est attenante. Elle a été construite en 2007 et a fonctionné quelques années...

Chemin faisant, Phinjo nous explique la signification d'un petit monument cubique aperçu dans un champs : c'est un monument funéraire contenant des cendres car les corps des défunts sont brûlés sur une grande roche plate située à l'aplomb du village.

Les projets de développements du village sont portés non pas par les élus locaux mais par les grimpeurs et leurs réseaux.

La "gompa" joue un rôle inattendu mais puissant, car les grimpeurs attribuent aux cérémonies propitiatoires, qu'ils ne manquent pas de faire avant toute ascension, le fait qu'un seul d'entre eux soit mort en expédition.

ViewView

Elle est donc le cœur du village et permet la collecte de dons à l'étranger aboutissant in fine à son développement. Ainsi, un grand lama de Beding, qui vit dans un monastère proche de Kathmandu (Kopan), porte le projet d'adduction d'eau du village, en lien avec des bouddhistes de Malaisie, et Phinjo nous a montré l'excavation destinée à accueillir un réservoir.

La gompa de Beding, dont la toiture est très endommagée et les murs fissurés, doit être restaurée selon les plans établis par un ingénieur originaire du village. Sa restauration nécessite un financement important pour lequel des appels aux dons ont été lancés.
Elle comprend une salle de prière joliment décorée de peintures murales, une cuisine et une salle dévolue aux repas festifs.

Attenante à la gompa est érigée la maison de feu le frère de Phinjo, grand lama décédé il y a 6 ans et dont lequel le "tulkou" a été trouvé (un jeune garçon de 5 ans a été identifié il y a quelques mois comme étant sa réincarnation). La toiture en est très abîmée et nécessite des réparations.

Grâce aux différents réseaux, le village a reçu des tôles de partout : des Japonais ont donné des tôles pour la réparation de 12 maisons, des Norvégiens, des Australiens aussi. Ces tôles ont été réparties selon les réseaux personnels des gens grâce auxquels elles ont été données, on ne sait selon quels critères.

En ce qui concerne les tôles financées par le CAF, le réseau de Jean-Luc et l'AFPN :

Toutes ces tôles sont pour le moment entreposées au sec et en sécurité.

ViewView

Ce sont des tôles de bonne qualité, dont le transport a été assuré gratuitement par le "World Food Program", qui a accepté de la faire parce que Phinjo est membre du Rotary Club.

Le grand projet de Phinjo est l'érection d'une antenne téléphonique permettant le désenclavement du village. En effet, depuis Charikot, nous sommes coupés du reste du monde et nous ne pourrions pas appeler au secours en cas d'accident.

ViewView

Ce projet est déjà bien en train : Phinjo a donné le terrain, le gouvernement fournit le matériel. Cependant, la construction du petit bâtiment supportant l'antenne revient à Phinjo. Les travaux, commencés l'an dernier, ont été interrompus par la survenue du séisme et doivent reprendre en mars, mais 1000 euros restent à trouver pour leur financement.

Nous sommes bien conscients que ce modèle de développement par réseaux personnels n'est pas le plus rationnel ni le plus démocratique, mais nous faisons le constat que c'est ce qui fonctionne pour ce petit village, compte-tenu des profonds bouleversements sociaux et économiques induits par l'attrait des sommets.

ViewView

JIRI

L'école a été fort touchée par les séismes. Le bâtiment en béton, haut de 2 étages, nouvellement construit pour accueillir les élèves staff-nurse, a été abîmé mais a pu être réparé. Tous les autres bâtiments ont été détruits.

ViewViewView

Le bâtiment administratif a été reconstruit en préfabriqué. L'internat des filles, détruit, a été remplacé par des baraques provisoires, mais électrifiées, en tôle ondulée. Chaque pièce héberge 6 à 7 étudiantes.

ViewView

Deux vastes bâtiments en béton armé sont en cours d'édification et les remplaceront bientôt. On aperçoit plusieurs chantiers interdits au public où des ouvriers, souvent des femmes, casqués, vêtus de gilets de sécurité orange fluo déblayent des gravats.

View

Monsieur Ram Hari Khanal, le Principal, a pris sa retraite il y a deux mois et nous rencontrons son successeur, Mr Bishnu Hari Adhikari. Il est originaire des alentours de Gorkha. Motivé par le développement des régions reculées, il est satisfait d'avoir été nommé à Jiri.

Nous nous rendons au bâtiment préfabriqué dont la construction a été financée par AFPN et qui abrite les deux salles de classes des cours d'ANM ainsi qu'une salle des professeurs.

ViewViewView

Depuis 2 ans, AFPN a étendu le nombre des bourses à 20 élèves par promotion mais en a réduit les montants à 1500Nrps par mois, qui couvrent les frais d'hébergement et de nourriture, à partir du 4ème mois (les 3 premiers mois sont une période d'observation qui permettent à l'équipe des enseignants de repérer les élèves répondant le mieux à nos critères : motivation à travailler ultérieurement en zone reculée, nécessité d'une aide). Lors des stages extériorisés, qui durent 5 mois, ces frais étant plus importants, les mensualités grimpent à 3000Nrps.

Les boursières, en uniforme scolaire ("penjabi" bleus), nous attendent avec tikka, katas, thé et biscuits. Elles nous remercient ; nous rappelons l'histoire de l'association et de ses relations avec l'école de Jiri, son objet, ses moyens.

Le bâtiment construit pour accueillir les élèves "staff nurses" sert d'entrepôt. Il abrite des salles spacieuses. L'école n'a pourtant pas eu l'agrément de formation des staff-nurses car l'hôpital de Jiri, qui est le terrain de stage des élèves, n'a pas un nombre suffisant de lits d'hospitalisation.

Nous nous y rendons car c'est là que sont stockés les 4 simulateurs pédagogiques "mama natalia". Ils ne sont pas encore utilisés parce que les enseignants n'ont pas encore eu le temps de se familiariser avec ces nouveaux outils, dont le maniement n'est pas si simple que ça. Néanmoins, tous sont ravis de ce nouveau matériel.

ViewView

Le bâtiment abrite aussi la bibliothèque et des bureaux.

Puis nous nous rendons à l'hôpital. L'équipe soignante comprend 4 médecins dont un chirurgien. Nous en croisons deux. Ils viennent de compléter leurs études et sont nommés pour 3 ans. Ils sont arrivés 6 mois auparavant.

L'hôpital a été partiellement détruit et des tentes de l'armée, des tentes de l'UNICEF, et d'autres encore, ont été dressées et sont dévolues à certaines consultations : urgences, PMI. Une tente de 10 lits accueille les parturientes en convalescence. Le bâtiment neuf construit par l'état Suisse en 2009 n'a par contre pas souffert. Il abrite la salle d'op' et la salle d'acc'.

ViewViewView

GORKHA

Arrivés dans l'après midi à Gorkha, nous rencontrons de suite les étudiants CMA qui bénéficient d'une bourse. Après nous être tous présentés à tour de rôle, nous leur rappelons l'histoire de l'association, son objet, ses moyens. Puis nous leur remettons à chacun un kit d'outils professionnels comprenant un stéthoscope, un tensiomètre, un otoscope, un thermomètre et un pèse-personne.

ViewView

MASKICHHAP

Le village a été très touché par le séisme et les habitants déblaient encore et commencent à reconstruire. Ils sont toujours intéressés par le projet d'adduction d'eau et un nouveau dossier a été rédigé par Mr Bohara, ingénieur.

ViewViewView

ViewViewView

Nous verrons avec l'association Aleaugemeau, experte dans ce domaine, membre elle aussi du collectif associatif "Humanis", ce que nous pourrons faire ensemble.

LES ECOLES

Le lendemain, nous partons en jeep pour Takukot ; nous prenons vers le nord-est la route d'Aarughat jusqu'à Ghyampesal puis obliquons vers le nord jusqu'à Deurali puis vers l'ouest jusqu'à Phalku puis Takukot. Chemin faisant, nous visitons 3 des écoles qui ont bénéficié de l'attribution de "bundles" de tôle ondulée.

La première de ces écoles est l'école Maha Laxmi à Kokhe-Taple. C'est une très grosse école accueillant environ 300 élèves. Nous rencontrons le directeur Mr Rahama Tulla Miya, Mr Devi Prasad Shrestha, président du comité de l'école et toute l'équipe enseignante.

ViewViewView

Nous sommes chaleureusement accueillis (tikka, katas, thé et biscuits) et remerciés pour l'aide apportée. Des salles de cours provisoires en tôle ondulée ont été érigées mais de gros travaux de reconstruction sont en cours et AFPN est sollicitée pour l'achat de 16 bundles (pour environ 1600 euros) pour compléter le toit d'un bâtiment en cours de construction.

La deuxième école est celle Jana Jagriti à Asrang-Sirandanda. C'est une petite école allant jusqu'en classe 5, accueillant 45 élèves à peine. Elle a été totalement détruite, des bâtiments provisoires ont été installés mais les villageois souhaitent une reconstruction complète dont le coût s'élèverait à 35000 euros.

ViewViewView

Le directeur, Mr Khadananda Bhatta et la présidente du comité Mme Kamala Bhatta, nous accueillent chaleureusement (tikka, katas, thé et biscuits). Ils nous remercient et sollicitent notre aide ; les membres d'AFPN l'envisagent sous la forme de l'achat de matériel pédagogique, à hauteur de 1000 euros.

Peu avant Ghyampesal, nous nous arrêtons à l'école primaire Chamuna, à Baguwa-Khanchowk, petite école primaire allant jusqu'en classe 5, accueillant une quarantaine d'élèves. Là encore, on nous reçoit avec katas et thé et on nous remercie. Les bâtiments anciens ont été détruits et un bâtiment en bambou et terre battue les remplace provisoirement. En fait, un nouveau bâtiment en béton était prévu, dont la construction avait commencé avant le tremblement de terre. Elle est financée par le Rotary Club et sera bientôt achevée. Cette école n'a donc pas besoin d'une aide supplémentaire.

View

Le lendemain, venant de Takukot, peu avant d'arriver à Aarughat, nous visiterons une dernière école, la "Nawajyoti Secondary School" de Tandrang-Tariphat.

ViewViewView

C'est une école secondaire, accueillant 300 élèves. Hormis un bâtiment en béton construit un an auparavant grâce au financement d'un généreux Irlandais, les bâtiments sont tous très abîmés, au moins gravement fissurés, au pire ruinés. Trois salles provisoires en tôle ondulée accueillent 3 petites classes, un bâtiment temporaire en bambou et terre battue sera bientôt opérationnel.

TAKUKOT

Takukot est situé à une altitude de 1100m. C'est un regroupement de 4 hameaux (Phalku, Bahakot, Bhanjyang et Danda Tokh) répartis tout du long d'une longue crête orientée d'est-ouest entre Deurali et la Daraudi Khola.

View

Le collectif interassociatif Humanis a obtenu de la Région une subvention de 15000 euros, qui a été répartie entre 3 associations membres intervenant régulièrement au Népal (Echangeons-le-monde, Solhimal et AFPN) porteuses de projets de secours s'inscrivant dans l'aide d'urgence.

Les critères de "l'aide d'urgence" sont stricts : il ne peut s'agir que de nourriture, de couvertures, de bâches, de tentes, en aucun cas de tôles, celles-ci étant considérées ipso-facto comme relevant de la "reconstruction".

Notre partenaire Badri Maskey nous avait alors transmis la demande des habitants de Takukot : des lampes solaires, des couvertures et des moustiquaires pour 400 foyers. Ce matériel avait été acheminé et distribué début juillet 2015 par les 3 personnes missionnés par la cellules d'urgence, accompagnés par Clotilde et Badri Maskey.

Après Ghyampesal, puis Deurali, la piste monte à flanc de montagne. La piste défoncée est très boueuse par endroit et la jeep s'embourbe. Grâce à son extrême habileté, le chauffeur arrive à se sortir de cette situation délicate, nous permettant de parvenir à destination peu avant la tombée de la nuit.

L'hôtel local est complet et nous logeons chez l'habitant, en l'occurrence une dame qui tient une petite épicerie. La cahutte comporte un rez de chaussée comprenant deux pièces : l'épicerie et une pièce où sont entreposés des sacs et où vivent quelques biquettes. L'étage est constitué d'une grande pièce comprenant un lit, que la dame nous laisse, un canapé, où elle installe ses couvertures, et un bric à brac. On déroule des nattes et ainsi cela fait 7 places pour la nuit. Pas de salle de bain, bien sûr, mais ne nous plaignons pas : l'édicule d'une fosse d'aisance, exigu mais propre, s'offre à nous dans le jardin.

La nuit tombée, les habitants s'attroupent.

View

Un notable local fait un long discours où il est constamment question d'eau. En effet, l'eau manque et certains habitants font ½ de marche pour s'approvisionner à la fontaine la plus proche. Badri nous explique qu'un réseau d'adduction avait été installé par une grosse ONG mais il ne fonctionne plus faute d'entretien. La demande est pressante et insistante, l'homme est véhément. Nous exposons les buts de l'association, expliquons le pourquoi de notre intervention et le motif de notre visite. Après quoi, un petit spectacle nous est offert : il s'agit de danses plutôt "disco", dansées par de toutes jeunes filles.

AARUGHAT

Le lendemain, nous parvenons à Aarughat. La ville a été très touchée par le séisme mais beaucoup de maisons ont déjà été reconstruites.

Nous rencontrons Santosh Maskey, qui exerce depuis un an et demi dans une clinique privée. Il nous fait visiter le secteur d'hospitalisation. Dans une grande pièce se trouvent quelques lits, accueillant des patients soignés pour des raisons très diverses. Le premier est un jeune homme souffrant d'une plaie profonde de la jambe gauche atteignant l'os comme l'atteste la radio. La plaie est propre, en bonne voie de cicatrisation. Le deuxième est un enfant atteint de bronchiolite : il va mieux. Le troisième est fébrile ...
La responsabilité des soins est bien lourde, les conditions difficiles.

Swastika

A Gorkha, nous rencontrons Tara Shrestha, informée par Badri de notre présence. Tara a bénéficié d'une bourse en 1997 et s'est installée dans un petit village situé sur la rive de la Daraudi Khola, à un bon jour de marche au nord de Gorkha. Elle est vient nous saluer et, en discutant, nous parle de sa fille Swastika, qui étudie la pharmacie à Kathmandu.

Le financement de ses études est devenu problématique pour cette famille ruinée par les séismes (la maison s'est effondrée). Les ressources familiales sont réduites car Tara et son mari ont le diplôme de CMA et n'ont plus le droit de vendre des médicaments. La formation de la fille viendrait donc compléter les compétences des parents.

De retour à Kathmandu, nous rencontrons Swastika et sa mère, venue lui rendre visite.

Nous nous engageons à ce qu'AFPN prenne en charge les droits d'admission et les taxes mensuelles ainsi que l'achat des livres nécessaires à ses études.

Krishna Pun

Il nous rend visite à notre hôtel, à Kathmandu. Il coordonne les actions de développement du village de Paudwar. Il nous informe que Khem Bahadur, le président du comité de santé, a obtenu du gouvernement la prise en charge du dispensaire, ce qui améliorera considérablement le financement de son fonctionnement.

Gyan Bahadur va bien, le film relatant l'histoire de Paudwar devrait être terminé dans 6 mois. Il se déroule sur un an puisqu'il raconte les différents événements économiques, culturels, festifs... de la vie des habitants.

 

Notre programme étant "bouclé", il nous faut rentrer en France, impressionnées par les difficultés auxquelles les Népalais ont à faire face. Nous avons constaté que l'aide a été utilisée de façon appropriée et nous remportons une "liste de courses" qu'il nous reste à satisfaire !

Avec (en ce qui me concerne) la révélation de l'absolue vanité de nos actes mais aussi de l'absolue nécessité de les poser...

Courage !

 

Pour AFPN,
Françoise