Voyage au Népal - avril 2012...


 

28/06/2012 - Cher(e)s Ami(e)s,

Comme vous le savez, des membres de l’association AFPN se sont rendus au Népal en Avril 2012, pour un séjour de trois semaines. Bien entendu, ces membres ont financé ce voyage sur leurs propres deniers.

L’objet de notre voyage était de rencontrer nos partenaires et de nous assurer de la bonne marche des différents programmes :

  1. financement des bourses à Jiri et à Gorkha
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  2. financement de la construction de toilettes à fosse septique dans le bassin de captage des eaux de la ville de Gorkha
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  3. financement d’un groupe électrogène pour le centre de santé primaire de la ville d’Aarughat
  4. aide au financement et au fonctionnement du dispensaire de Lapu
  5. balisage du chantier scout à Lapu (été 2012)
  6. aide au financement du fonctionnement du dispensaire de Gumda
  7. aide du Collège Jean XXIII de Mulhouse à l’école de Paudwar
  8. projet de financement d’une structure de soins à Paudwar

Nous avons donc prévu de nous rendre sur les différents sites, ce qui implique des déplacements motorisés sur route et sur pistes, ainsi que de la randonnée pédestre, les sites de Lapu, Gumda et Paudwar n’étant accessibles qu’après plusieurs heures, voire jours, de marche.

Vendredi 6/04/2012 :

Nous partons en train de la gare de Baden par un Vendredi Saint brumeux. Nous sommes 7, tous membres d’AFPN. L’ambiance est joyeuse et le trajet se passe rapidement. A l’aéroport de Francfort, les différentes formalités sont accomplies sans difficultés et nous embarquons à 21h.

Samedi 7/04/2012 : Doha, Kathmandou

Nous faisons escale à Doha où nous atterrissons peu avant l’aube. Nous nous dégourdissons les jambes dans cet immense aéroport climatisé et impeccablement entretenu par une armée de techniciens de surface. Et nous retrouvons le Népal. Les agents d’entretien sont pour la plupart népalais ; il y en aurait 900 sur le site de l’aéroport, selon les dires du jeune homme de 20 ans, originaire du Solokumbu, avec lequel nous discutons. Il est en poste à Doha depuis 4 mois, pour une durée de 2 ans. Visiblement heureux de discuter, il m’explique qu’il a le "heimweh", d’autant plus qu’il voit quotidiennement des flopées de touristes en transit pour Kathmandou. Mais il n’y a pas de travail au Népal. Sa famille possède un lopin de terre, dont la culture ne permet de dégager aucun bénéfice. A Doha, il gagne 600 rials par mois (soit 150 euros) dont il envoie les 2/3 à sa famille. Mais le travail est dur, 12h par jour, avec 2 jours de repos par mois ; encore est-il chanceux de travailler dans un site climatisé, car, durant les mois chauds, ce sont 5 corps qui prennent quotidiennement le chemin du retour.

Nous rembarquons dans un aéronef à demi plein de Népalais s’en retournant chez eux. A Kathmandou, nous retrouvons Chandra, tout sourire et colliers de fleurs plein les bras. Il est accompagné de Kumar et d’Asha. Celle-ci, qui vient de valider au Bangladesh un cursus de formation de cadre-infirmier polyvalent durant 4 ans 1/2 (en partie financé par des membres d’AFPN selon un parcours "fléché"), prépare encore un examen et une équivalence, à l’issu desquels elle pourra trouver un emploi au Népal.

Dimanche 8/04/2012 : Banepa, Mule, Jiri

Nous avons prévu de nous rendre à l’école technique de Jiri, où AFPN finance des bourses d’étude.

AgrandirNotre partenaire, Deepak, nous retrouve à l’hôtel à 6h30. Chandra nous annonce qu’en raison d’une "bandha" (grève générale) prévue le lendemain, nous devrons être rentrés dans la nuit : une folie que je n’aurais jamais osé décider moi-même mais dont semble-t-il chauffeurs et guides sont relativement coutumiers. Nous partons en minibus: le chauffeur, Chandra et son assistant, Gamon Sing Ghale, et nous 7. Malgré la construction d’une route 4 voies jusqu’à Bhaktapur, la circulation est très dense jusqu’à Banepa. Après 10 000 virages et 150 000 "nids de poule", le franchissement de 3 cols et de 4 fleuves, et un daal-bhaat à Mule, nous arrivons à Jiri vers 15h, au moment même ou une pluie torrentielle s’abat sur la région.

AgrandirNous rencontrons le vice-principal, Mr Gopal Jirel, et quelques enseignants ainsi que 8 des 10 boursières de la promotion 13, qui a démarré en février 2011, et les 7 boursières de la promotion 14, qui vient de débuter.

 

Les étudiantes de la promotion 12 sont en stage extériorisé. Les étudiantes nous remercient. Elles expliquent leurs motivations et leurs espérances ; en gros, elles se sont engagées dans ce type d’étude pour aider leur communauté, avoir un travail rémunéré et espèrent travailler ultérieurement dans leur village. Deepak téléphone personnellement à chacune des boursières pour prendre de leurs nouvelles.

Les jeunes femmes nous font part de leur difficulté à faire face à leurs dépenses. Les bourses doivent donc être revalorisées.


Agrandir Deepak fait un petit discours aux boursières, au cours duquel il leur explique que nous ne pouvons nous engager séance tenante à revaloriser les bourses parce que nous devons tout d’abord en référer aux autres membres de l’association. Nous n’avons pas le temps de visiter l’hôpital de Jiri, qui a été agrandi. Il comprend maintenant 35 lits et l’équipe médicale s’est étoffée et comprend 5 médecins. Des interventions de petite chirurgie telles des appendicectomies sont désormais pratiquées mais pas de chirurgie orthopédique. Il y a un service de radiologie. Il nous faut prendre le chemin du retour et nous quittons l’école à 17h, sous des trombes d’eau. Nous avons eu de la chance, malgré la pluie diluvienne, aucun éboulement n’a obstrué la route ; malgré le brouillard et la nuit, nous ne sommes pas tombés dans le ravin, lorsque nous nous sommes retrouvés sur la crête aérienne de Dandhapakhar qui, sur quelques centaines de mètres, n’est pas plus large que la route elle-même ; nous ne nous sommes pas pris le camion fou et, at last but not the least, notre chauffeur ne s’est pas endormi. Après une journée de 19h de travail, il nous dépose à notre hôtel à 1h45...

Lundi 9/04/2012: Kathmandou

Journée de repos. Nous partons baguenauder dans Kathmandou, traversons les quartiers populeux et industrieux pour nous rendre à la stupa de Swayambunath, où nous déjeunons au "café de la stupa". Retour l’après-midi par le Durbar, que nous traversons librement (pas de taxe de passage). Un thé au "Pilgrim" nous permet de visiter une galerie de peintures. Plusieurs tableaux représentent des scènes de rue peintes à l’aquarelle, très lumineuses.

Mardi 10/04/2012 : Kathmandou, Gorkha

Il a plu à torrent une partie de la nuit. Nous partons en minibus pour Gorkha. Arrivés à Gorkha, nous rencontrons les membres de l’association Goreto qui gère le programme d’assainissement de la zone de captage des eaux de Gorkha par la construction de toilettes à fosse septique. Goreto est une organisation népalaise qui à pour objet l’amélioration des conditions sanitaires et sociales des populations et organise aussi bien des sessions d’alphabétisation destinées aux femmes que des programmes touchant à la prévention de la transmission du HIV, à la réhabilitation sociale des handicapés, à l’eau potable ou à l’installation de cheminée (liste non exhaustive). Elle a été créée en 1993 et est affiliée au "Social Welfare Council" ainsi qu’à l’office d’administration du district. Goreto organise toutes sortes de projets, en collaboration avec des ONG et/ou des instances gouvernementales et en partenariat avec toutes sortes de financeurs : Handicap International, Save the Children Fund... AFPN, subventionnée sur ce programme par le conseil général du Bas-Rhin et le conseil régional d'Alsace...

Puis nous abordons le programme de construction des toilettes proprement dit. La zone de Bunkot regroupe plusieurs villages, abritant une population totale de 9583 personnes (4735 femmes et 4848 hommes) répartie en 1578 foyers (moyenne de 6 personnes par foyer). Le projet concerne uniquement les wards 1, 2 et 3 soit les villages qui se situent en amont de la zone de captage des eaux. L’organisation du projet repose sur un comité villageois, qui prend les décisions sur la foi des résultats des enquêtes de terrain menées par Goreto, et qui s’appuit sur le plan technique sur un groupe de volontaires formés par Goreto. Les formations se font sur une journée, par sessions d’enseignement de 2 heures. Le coût des "apports externes" (enquête, formation des volontaires, achat et transport du matériel non disponible sur place) s’élève à 72€ par toilette (non compris les pierre, le bois, le travail). Le temps moyen de travail nécessaire à la construction d’une toilette, de la fosse à l’édicule, est de 1 semaine, par 4 personnes (soit , rapporté à 1pers:160h). Anne prend des notes en quantité, recueille les informations permettant de compléter les dossiers destinés à nos financeurs et collecte les copies des factures.

Mercredi 11/04/2012 : Gorkha, Bunkot

Nous prenons chez Badri un petit déjeuner consistant avant de nous rendre à l’école d’infirmier(e)s. Celle-ci a encore déménagé. Le matériel pédagogique n’a guère évolué, la bibliothèque est toujours aussi pauvre. Vincent, regarde d’un oeil intéressé les microscopes et pense à quelque vieux coucou, remisé dans un coin de l’hôpital de Saverne, qui pourrait revivre ici des moments féconds ! De retour chez lui, Badri nous montre son matériel de télémédecine, web-cam mais aussi stéthoscope électronique, permettant à des praticiens de Kathmandou d’entendre les souffles orificiels de patients de Gorkha. Vincent est épaté... Puis, ne disposant d’aucune carte précise, naviguant sur Google Earth, Badri nous montre le site de la zone de captage des eaux de Gorkha, pour la sauvegarde de la propreté de laquelle le projet de construction des toilettes est si important. Nous arrivons enfin à localiser de manière précise les rivières Chhangkhola et Dhakrekhola au confluent desquelles l’eau est captée. La zone de captage est située à 7 km de Gorkha, au delà d’un premier repli de terrain, en contrebas. Un pipe-line a été construit, permettant l’acheminement de l’eau, grâce à un système de pompage. Et nous visualisons bien la vaste zone habitée située en amont de la zone de captage.

Enfin, nous rencontrons les boursiers. Chacun des étudiants se présente et tous expriment l’intention de travailler ultérieurement dans leur village. Ils nous remercient. Badri nous fait part de leurs difficultés financières, le montant des bourses ne permettant pas de couvrir la totalité des frais et nous sollicite pour l’achat de matériel de base (un stéthoscope à 1200 rps, un tensiomètre à 2000 rps et un otoscope à 2500 rps, soit +-60€ au total).

Après un repas de soupe aux nouilles, nous nous entassons dans la jeep qui doit nous conduire à Bunkot. Badri vient avec nous, au volant de sa petite voiture, une Hyundai, qui, bien que conçue pour la route, et n’ayant pas 4 roues motrices, roule remarquablement bien sur cette piste défoncée. Nous mettons 1h15 à parvenir à destination, à peine moins que le piéton que nous avons dépassé à la sortie de Gorkha et qui nous a rattrapés lors d’une pause "repérage".

Une cérémonie d’accueil a été organisée par le comité villageois et nous voilà enguirlandés de fleurs, le front enduit de poudre rouge. Nous nous présentons respectivement à tour de rôle. A la fin de la cérémonie, Badri prend la parole. Il encourage les villageois à prendre en main le développement de leur région. Il dit sur nous des choses très intéressantes, notamment que nous collectons l’argent qui finance le programme en organisant des repas payants sans en retirer le moindre centime pour nous même. Il conclut en disant que si nous, qui venons d’ailleurs, agissons pour eux en toute gratuité, eux devraient faire de même.

Puis nous nous rendons sur les chantiers de construction de différentes toilettes,

Agrandirdiscutant de tous les points soulevés par nos interlocutrices chargées du contrôle des dossiers de subvention : le coût du terrain, le coût du bois de construction des édicules, des clous, des tôles ondulées. Anne prend des notes nombreuses et précises. En fin d’après midi, après avoir beaucoup appris sur les différents modèles (1 fosse, 2 fosses à remplir alternativement, fosse à "bio-gaz"), nous nous rendons dans la famille qui va nous héberger pour la nuit. Après avoir bu le rakshi offert par Niranjan en guise d’apéritif, dîné du daal-baat préparé par Chitra et Gamon Sing, nous chantons et dansons avec les gens du hameau. Je suppose que les occasions de se distraire ne sont pas si nombreuses et ils ne boudent pas leur plaisir.

Jeudi 12/04/2012 : Bunkot, Bhagargaon, Gorkha

Après un petit déjeuner frugal, de thé et de biscuits, nous nous rendons à une réunion du "comité des femmes". Dans chaque village, nous verrons des représentantes du "comité des femmes" local, il semble que les maoïstes ont imposé leur création partout. Les femmes nous expliquent qu’elles collectent de petites sommes tous les mois pour financer la construction d’une maison communautaire dévolue aux formations et autres activités et sollicitent notre aide. Je réponds que nous ne soutenons que des actions se rapportant à la santé et que nous ne pouvons donner une suite favorable à leur requête. Nous nous rendons ensuite dans le hameau des intouchables où 12 toilettes doivent être construites.

Ce hameau est situé près de la crête et nous poussons jusqu’à elle pour admirer le panorama sur le Manaslu et sur la chaîne dentelée des Ganesh Himal.


Agrandir Puis nous redescendons rejoindre Badri, qui est revenu ce matin accompagné de Mr Pawan Khanal. Nous devons visiter le site du captage des eaux. Nous reprenons la jeep et nous nous rendons par une piste cahoteuse à Bhagargaon ; nous y laissons notre véhicule et descendons à pied dans le fond du vallon, à une demi heure de marche de là, au confluent de la Chhangkhola et de la Dhakrekhola, où se trouve la station n° 1. L’endroit est très isolé.

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Les bassins de rétention et de décantation sont encore en construction mais il y a déjà un système élaboré de pompes et de tuyauteries. Il y a aussi une maison où loge un gardien.

Nous allons voir les deux zones de captage, situées à quelques centaines de mètres en amont de la station. Puis nous remontons dans la chaleur, retrouvons la jeep et prenons le chemin du retour. La jeep est âgée et le chemin cahoteux, une lame du ressort d’une suspension se brise, le chauffeur la remplace en 15 minutes. Un deuxième incident technique nous aurait obligés à rentrer à pied jusqu’à Gorkha (qui n’est pas si éloigné) si Badri ne nous avait envoyé un véhicule de secours.

AgrandirLe soir, nous sommes invités par Badri à la cérémonie du nouvel an du calendrier népalais organisée par le Lion’s club.
En effet, cette nuit nous quittons l’année 2068 pour entrer dans 2069. Sous une pluie battante, nous nous rendons dans la salle où les festivités doivent se dérouler. Les hommes s’affairent dans une cuisine attenante. Le repas se compose de "chura" (flocons de riz), pommes de terre épicées, viandes épicées, le tout arrosé de bière, de whisky ou de soda. Le repas est servi vers 20h30, puis le président du Lion’s club fait une allocution de bienvenue et présente ses voeux. On me prie de faire un petit discours, ce dont je m’acquitte en insistant sur le partenariat établi entre AFPN et Badri.

Puis nous passons au programme culturel. Des jeunes gens présentent plusieurs danses traditionnelles puis modernes. Nous sommes conviés à venir sur l’estrade pour danser avec eux et chacun improvise une chorégraphie à sa façon. La fête doit se poursuivre jusqu’à minuit au moins, moment du passage dans la nouvelle année mais, devant reprendre la route pour Aarughat le lendemain, nous quittons les lieux à 23h30.

Vendredi 13/04/2012 : Gorkha, Aarughat

Nous partons en jeep pour Aarughat. La piste serpente à flanc de colline. Elle est entretenue mais par moment des éboulements récents en amont ou en contrebas rendent certains passages délicats.
AgrandirIl fait beau et, finalement, les conditions météorologiques nous sont favorables. Nous parvenons à Aarughat vers 13h. Aarughat est une ville située au confluent de la Mukti Khola jointe à la Istul Khola et de la Budhi Gandaki. Nous traversons la Istul Khola à pied, à gué, tandis que la jeep prend la route, beaucoup plus longue, qui conduit en amont du centre ville, au départ de la piste qui remonte la Budhi Gandaki. La rivière traversée, nous entrons dans Aarughat par son extrémité sud et parvenons rapidement à une placette centrée par un temple où nous attend un comité d’accueil composé par les femmes toutes de rouge vêtues, membres du "comité des femmes" - ou des mères.

En nous souhaitant une bonne et heureuse année 2069, on nous pose la tikka de riz coloré en rouge, on nous offre une barquette en feuilles contenant un oeuf dur écalé et des condiments ainsi qu’une banane. On nous prie de nous asseoir sur la natte installée pour nous à l’ombre du temple puis on nous regarde manger notre oeuf et notre banane. Nous faisons honneur à ces offrandes.
Après quoi, nous repartons, traversons à pied le centre ville, puis le quartier nord, industrieux, où se trouve notre hôtel, appelé "le 3ème pas" (third step). Nous déjeunons puis nous nous reposons jusqu’à 16h.

AgrandirDans l’après midi, nous nous rendons au centre de santé primaire ("primary health center") pour voir si le groupe électrogène que nous avons financé en 2011 donne satisfaction. Le centre de santé est situé sur le promontoire façonné par le confluent de la Istul Khola et de la Budhi Gandaki. Nous escaladons l’escalier qui mène au centre où nous sommes accueillis par le président du comité de santé d’Aarughat et son vice président, ainsi que par le personnel : le laborantin, une femme "health assistant" une "staff nurse" et 2 "assistant nurses".
Après la traditionnelle cérémonie d’accueil, nous abordons la question du groupe électrogène. Ils nous le montrent, soigneusement emballé dans son carton. Il est utilisé -il sent l’essence- environ 2 heures par jour en raison de son coût de fonctionnement (1 litre d’essence coûtant 90 rps -0,90€- par heure de fonctionnement). Il n’est pas assez puissant pour faire fonctionner l’appareil radiographique mais il permet d’alimenter le réfrigérateur et les appareils du laboratoire, ce qui est déjà bien utile. Nous avions pourtant décidé d’offrir au centre un appareil d’une puissance suffisante au fonctionnement de l’appareil de radiographie, mais Ganesh, notre correspondant qui s’est chargé de l’achat du groupe électrogène, s’est malencontreusement trompé. L’erreur sera rectifiée ultérieurement, nous y veillerons. D’autre part, depuis 6 mois, le centre est équipé d’une batterie solaire, qui permet de couvrir partiellement les besoins en électricité. Et les examens radiographiques sont faits la nuit, lorsque le centre bénéficie de l’approvisionnement du réseau électrique. Puis nous visitons le laboratoire. Le laborantin, qui a suivi une formation à Pokhara et au Bangladesh et qui est en poste à Aarughat depuis 8 ans, épate Vincent par ses capacités et son dynamisme. Son microscope est de très bonne qualité, c’est un "Olympus" japonais. Les NFS (Numération Formule Sanguine c’est à dire le comptage des éléments du sang : globules rouges, globules blancs, plaquettes) sont faites au microscope, "à la main", en 15 à 30 minutes.
La fréquentation quotidienne moyenne du centre de santé est de 40 patients, le nombre moyen de malades nécessitant un bilan biologique est de 7 à 10.

Samedi 14/04/1012 : Aarughat, Soti Khola, Lapu

Nous quittons Aarughat pour nous rendre à Lapu Bési (un village situé à 900m d’altitude, plus de 1000m en contrebas de Lapu). Notre troupe s’est agrandie : un jeune homme, étudiant, nous a rejoint. Un autre nous rejoindra à Lapu Besi. C’est une aubaine pour eux que de se faire quelques revenus en portant nos bagages ces quelques jours. Nous commençons en jeep : la piste est très mauvaise et sur plusieurs tronçons nous préférons marcher. Après Soti Khola, un hameau, la piste n’est plus praticable ; nous laissons la jeep et nous poursuivons à pied sur le chantier de la route qui remonte la rivière vers le nord. Il est projeté qu’elle conduira au Tibet.

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AgrandirNous faisons la pause déjeuner (rara soupe améliorée) au lieu où le chantier s’achève, laissant la place à l’ancien chemin pédestre. Ce chemin est tracé à flanc de montagne et sur de longs tronçons est taillé dans la falaise, 500m à l’aplomb de la Budhi Gandaki qui roule des flots tumultueux : mieux vaut ne pas souffrir de vertiges pour emprunter de tels sentiers.

Nous parvenons à Lapu Besi dans l’après midi. Lapu Besi est à la fois l’endroit où les gens de Lapu ont des champs et où ils ont érigé des abris où dormir durant la période des travaux agricoles et une "station touristique" avec 2-3 gargotes et 2 lodges. Nous nous douchons, faisons un brin de lessive.

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Dimanche 15/04/2012 : Lapu

AgrandirLe temps est couvert et nous entamons, tôt le matin, la montée à Lapu Gaon, situé à l’aplomb de Lapu Besi : on pourrait tendre un fil entre les deux Lapu. Mais il n’y a pas de téléphérique et nous montons tranquillement, bénissant les nuages qui nous protègent du soleil. L’averse se déclenche juste avant notre arrivée au village, en fin de matinée. Nous nous rendons au dispensaire, où nous sommes reçus par le comité de santé. Le dispensaire est opérationnel. L’équipe comprend l’infirmier Jit Bahadur Sunar et Madame Man Maya Sunar, qui tient les lieux propres.

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Le dispensaire est bien tenu. Des panneaux solaires placés sur le toit fournissent l’électricité nécessaire à l’éclairage. Il y a deux pièces, dont une dévolue aux examens cliniques, comportant un lit d’examen. La pièce principale sert de bureau ; les médicaments y sont stockés dans une armoire spéciale. La pharmacie comprend : de la bétadine, du paracétamol, des vermifuges, des antibiotiques (amoxicilline, tétracyclines,gentaline, sulfaméthoxazole-trimétoprim et métronidazole), de quoi perfuser, des pilules anticonceptionnelles, injection de Dépoprovéra° et préservatifs. Les médicaments sont achetés par le comité de santé et donnés aux patients.
La fréquentation quotidienne moyenne du dispensaire est d’une demi-douzaine de patients, avec des pics lors de la mousson.

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L’après midi se passe à se promener dans le village. L’oncle de Ganesh nous offre du miel en rayon ; en effet, la plupart des maisons népalaises ont des ruches, des gros troncs creux fixés sous les toits. Plus loin, nous regardons des artisans construire une maison, placer sur les 2-3 premières rangées de pierres les montants des portes et des fenêtres. Nous admirons au passage le travail des charpentiers qui, sans aucun outil élaboré, sont capables d’assembler des poutres en taillant des parties qui s’imbriquent les unes dans les autres. Nous apercevons aussi la nouvelle école, construite grâce à des dons de japonais, en contrebas ; l’ancienne école se trouvant au bord d’une falaise, il y a eu plusieurs accidents mortels.

Enfin, nous discutons de la venue des "Compagnons de la Wantzenau". Il s’agit d’un groupe de 5 scouts qui se rendront au Népal en juillet-août 2012. En accord avec le comité de santé du village, ils se sont donné pour mission de construire des toilettes à fosse septique (du même modèle que celles construites à Bunkot) : 2 sur le site de la nouvelle école, 1 à proximité du dispensaire. Ils ont aussi l’intention d’intervenir à l’école, en apportant un filet de volley et deux ballons. Le village s’engage à fournir le sable, les pierres et le bois ; les scouts financent le ciment, les tuyaux, les siphons et les vasques, la tôle ondulée, le transport et le travail du charpentier, ainsi que la formation préalable à Gorkha.

Lundi 16/04/2012 : Lapu, Gumda

Nous quittons Lapu sous un chaud soleil. Nous passons devant une des 3 stations hydro-électriques qui alimentent Lapu en électricité. Il s’agit de conduites forcées sur une dénivelée d’une 20aine de mètres. D’abord à flanc de montagne, le chemin grimpe jusqu’au col qui nous sépare de Gumda. Nous faisons une courte pause durant la montée, au cours de laquelle Chitra nous fait goûter des fleurs fraîches de rhododendrons.

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A Gumda, où nous sommes accueillis avec les traditionnels colliers de fleurs par les notables du village, le comité de santé et des représentantes de l’association des femmes, nous retrouvons Dil Prasad.

AgrandirPas de changement notable en ce qui concerne le dispensaire et son fonctionnement, hormis l’électrification par panneaux solaires.

Nous logeons dans le lodge de Gumda ; Chitra et Gamon Sing nous cuisinent les repas, rara améliorées au déjeuner, daal-baat au dîner. Ils cuisinent aussi pour les garçons et eux mêmes, à part.

 

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Mardi 17/04/12 : Gumda, Sisapani

Une rude journée nous attend car nous avons prévu de rentrer sur Gorkha par la crête de Dharche. Aussi nous levons nous dès 5h. Gamon Sing s’affaire à préparer les galettes (tibetan breds) et les oeufs durs pour notre pique-nique à tous, car il n’y a aucune lodge, aucune tea-shop sur le parcours.

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Nous partons vers 6h30. Il fait grand beau et la montée est splendide. Au bout de 2 heures de grimpée, nous parvenons à la crête. Le panorama est remarquable, s’étendant du massif des Annapurnas à l’ouest au Ganesh Himal et bien au delà à l’est. Après une petite pause, nous poursuivons notre chemin en suivant la crête, entre la vallée de la Malong Khola à l’ouest et celle de la Dharche Khola à l’est.

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Nous admirons la végétation du lieu, notamment des orchidées vertes, hautes de 30 à 50 cms. Ce n’est que 3 heures plus tard, alors que la brume s’est installée sur les crêtes petit à petit, que nous parvenons au point culminant de la traversée, sous le Dharche Danda (danda signifie "colline"). Nous y cassons la croûte tandis que les plus sportifs du groupe montent jusqu’au sommet (3137m). Nous entamons la descente dans le brouillard, le long de la crête ouest. Quittant la brume, nous apercevons au loin le village de Barpak, où nous avons passé il y a deux ans. La route a été construite et traverse même le col de la Gupsi Danda, pour se poursuivre vers Laprak.

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AgrandirCe n’est qu’à 18h30 que nous parvenons enfin, exténués, à Sisapani. Il semble qu’il n’y a aucun lodge et nous sommes hébergés finalement dans une famille. Accueillir au débotté autant de gens (nous sommes 11) n’est pas évident, pas plus au Népal qu’en France. Après un dîner frugal, nous nous répartissons, qui sur un "goundri" (natte de paille , roulée dans la journée, dépliée pour qu’on s’y assoit ou s’y couche), qui sur un lit, dans les différentes loggias de l’habitation.

 

Mercredi 18/04/12 : Sisapani, Gorkha

Nous repartons le matin, vers 7h30. Traversant le village, nous croisons une dizaine de villageois regroupés autours de conduits de cheminée en aluminium : l’équipement des maisons en cheminée est aussi un programme mis en oeuvre par Goreto, et nous y avions bien pensé, hier soir, dans la cuisine de notre hôte, tellement enfumée qu’il nous a été impossible d’y rester. Nous apercevons même une cheminée dépassant d’un toit, rareté au Népal. Après une forte descente dans les champs et les maisons, puis une remontée dans une forêt d’arbustes, suivie d’une descente dans une végétation plus rase, nous atteignons Deurali.
La route qui relit Deurali à Ghyampesal, village situé sur la route d’Aarughat à Gorkha, est impraticable en raison d’effondrements et de glissements de terrain, jusqu’à Gaïrichhap (ou Lamagaon ?) et nous poursuivons à pied jusque là.

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L’endroit n’étant pas bien desservi par les lignes régulières, Chitra a appelé un bus pour nous recueillir. Nous l’attendons en déjeunant dans une échoppe. Arrivés à Gorkha, c’est avec délice que nous prenons une douche et que nous faisons notre lessive, tandis qu’une averse chargée de grêlons s’abat brusquement.

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Avec Badri qui nous a rejoint à l’hôtel en soirée, nous fêtons la fin de la première partie de notre séjour, autour d’un plat de momos arrosé de bière.

Jeudi 19/04/2012 : Gorkha, Pokhara

Nous prenons le petit déjeuner chez Badri avant de nous rendre à la station de bus pour 9h. Il nous reçoit avec beaucoup de chaleur dans sa cuisine-salle à manger et nous offre du thé, des toasts, de la confiture, des oeufs et des bananes. Puis nous prenons congé.
Tandis que Marie et Luc rentrent à Kathmandou par microbus, accompagnés par Gamon Sing,

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le reste de la troupe se rend à Pokhara en minibus, avec Chitra. Il fait beau. Le minibus se remplit rapidement et roule plein comme un oeuf jusqu’à Pokhara où nous arrivons vers 13h. Le minibus s’arrête à la station de bus, où une file de taxis attend les voyageurs. Les chauffeurs nous assaillent, nous nous répartissons dans deux véhicules et nous nous rendons dans le quartier des hôtels du bord du lac, au White Castle. Nous nous y installons et, après le déjeuner, nous allons au bord du lac faire des courses.

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Nous nous rendons ensuite dans une banque pour changer les 500 euros destinés à l’école de Paudwar. La porte d’entrée est gardée par un vigile en uniforme. Je me rends tout d’abord à un premier guichet où un employé vérifie mon passeport et calcule le montant en roupies népalaises. De là je me rends à un comptoir où une dame vêtue selon la mode occidentale me remet la somme en coupures de 500 roupies. Ca en fait 100, plus 3 coupures de 1000 roupies et 3 coupures de 100 roupies, ce qui fait un joli petit paquet de billets de banque (cours du jour : 106).
Après quoi, je rentre à l’hôtel où je retrouve Gyan Bahadur, avec lequel j’ai rendez vous. Nous discutons du projet de structure de soins à Paudwar, de la question de construire un bâtiment si l’emplacement disponible convient ou d’occuper une pièce vacante de l’école.

Vendredi 20/04/2012 : Pokhara, Kusma, Béni, Tatopani

Nous nous levons tôt et prenons le bus de Béni qui part à 8h de la station de bus située au nord de la ville. Il part, plein comme un oeuf. Il fait beau et, le chauffeur ayant faim, nous faisons halte à Kusma. Le temps qu’il avale un daal-baat et c’est reparti, à vive allure le long de précipices dominant la Kali-Gandaki, ce qui devrait lui assurer à sa mort un accès direct au paradis, compte tenu de l’intense ferveur avec laquelle les passagers se mettent soudainement à prier.

Parvenus à Béni, nous déjeunons en attendant le départ du bus de Tatopani. Nous arrivons à destination à 16h30, sous une pluie battante. La gare routière de Tatopani est située en contrebas du village, dans le cirque laissé par la crue de 1987. Nous nous rendons au Trekker’s lodge, rebaptisé New Trekker’s lodge, où nous retrouvons Devendra, Basuda, Arun et Susuta, qui ont l’air en bonne forme. Petit bain dans les sources, toujours bien aménagées, dont l’accès est payant (50 roupies) puis petit tour sur le bazar pour saluer mes vieux amis.

Samedi 21/04/2012 : Tatopani, Paudwar

Après un petit déjeuner roboratif offert par Bouhan, patron du Dhaulagiri lodge, nous prenons le chemin de Paudwar. Après la traversée du pont de Tatopani, le chantier d’une route l’abîme sur les premiers 500m. Plus loin, l’ancien chemin est toutefois préservé et nous arrivons sur l’esplanade de la maison de Ram Babu vers 13h.
C’est jour de congé et l’après midi s’écoule très paisiblement en lessive, couture et autres menues occupations. Vers 16h, nous avons la visite de Kailash Tamang, un jeune homme formateur en pédagogie scolaire qui accompagne un groupe de 7 Australiens mené par Peter et son épouse. Tous deux sont tombés amoureux du Népal et s’y rendent régulièrement tous les 3-4 ans. Ils ont fondé une petite association dont le but est d’apporter un soutien scolaire à des écoliers. Krishna Pun vient aussi nous saluer. c’est un homme jeune, proche ami de Gyan Bahadur. Il a été principal durant deux ans, quand Gyan a pris sa retraite, et est actuellement coordonnateur des différents projets à Paudwar.

Dimanche 22/04/2012 : Paudwar

Après une toilette à l’eau froide dans les douches luxueuses de l’hôtel de Ram Babu, tenu par son épouse Hasta Maya, suivie d’un petit déjeuner de chapatis, nous nous rendons à l’école, vers 10h. Nous y retrouvons les Australiens qui animent une classe pour les petits en leurs faisant chanter des comptines en anglais. Les notables membres des différents comités arrivent petit à petit et nous sommes invités à prendre place dans la salle des professeurs.
Krishna Pun ouvre la séance en remerciant les membres de leur présence. Il y a là les membres du comité de santé, des membres du comité de l’école, des membres du comité de développement du village, des représentants des parents d’élèves, des femmes du "club des mères". Nous abordons les motifs de notre visite:

Il y a une "droguerie" tenue par un homme qui a suivi une formation d’un mois à Pokhara. Par ailleurs, il y a à Paudwar une personne formée qui ne demande qu’à travailler moyennant un salaire. Se pose la question de la construction d’un bâtiment ou de la location d’une pièce. Une discussion s’ensuit, au terme de laquelle l’option de la construction est retenue. Le porteur du projet est le comité de santé. Bref, nous discutons à bâtons rompus. A 16h, les discussions sont closes et les modalités pratiques explicitées.

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Puis vient le programme culturel. Il se passe dans la cour de l’école et commence par une petite cérémonie de remerciements. Après une brève allocution de Krishna rappelant aux villageois les réalisations permises par les aides extérieures, on nous offre, aux Australiens et à nous même, des tee-shirts célébrant "koyer bara", lieu de cérémonies rituelles situé sous l’Annapurna Sud -des pièces uniques !-, aux femmes un "longui" et un châle en toile, aux hommes un "bangra" et un "topi" noir. Puis Krishna me prie de faire un petit discours dans lequel je les félicite en népali pour tout ce qu’il font eux même pour le développement de leur village ; suite à quoi c’est au tour de Peter de faire un petit discours en anglais. Puis c’est le tour des tikkas et des colliers de fleurs. Enfin viennent les danses traditionnelles. La quatrième et dernière est malheureusement interrompue par des problèmes techniques : il y a 10 ans, la musique était jouée sur un harmonium, mais désormais les i-pod des téléphones portables ont pris le relais et connaissent quelques défaillances. La cérémonie terminée, je me rends avec l’infirmière au domicile de plusieurs patients dont un vieillard hémiplégique depuis 7 ans et nursé par son épouse, elle même très âgée.
J’en suis stupéfaite, j’étais convaincue que des pathologies aussi handicapantes étaient létales à court terme vu les conditions de vie des montagnards. En effet, il n’y a aucune aide technique, pas de bassin, pas d’alèze, pas de matelas anti-escarres, évidemment pas de lit médicalisé. Il n’y a pas de WC non plus, dans la maison, ni de salle de bain... Que de dévouement, que d’attention et d’efforts constants !

Lundi 23/04/2012 : Paudwar, Sikkha, Phalante, Gorepani

Nous visitons la fromagerie tôt le matin. Chantal est peinée d’apprendre que le thermomètre offert en 2006 par ses soins est cassé. Il a été remplacé par un thermomètre provenant d’Arabie Saoudite.
Nous quittons le village vers 9h40, par beau temps rejoignons le chemin de Gorepani à Sikkha. La route, devrais-je dire, car elle se construit, vite, et atteint déjà Chittre. Elle coupe le chemin pédestre par endroit mais celui-ci a été "grosso modo" préservé.
Nous déjeunons à Phalante, face à un Dhaulagiri perdu dans les nuages, puis reprenons le chemin et parvenons à Gorepani vers 17h.

Mardi 24/04/2012 : Gorepani, Pun Hill, Tikkedhunga, Birethanti

Nous nous levons à 5h pour admirer le panorama de Pun Hill. Le temps est dégagé, les rhododendrons sont en fleurs, c’est magnifique. Nous admirons aussi les orchidées himalayennes, nombreuses à cette altitude.
Nous redescendons et, après le petit déjeuner, partons pour Birethanti, traversant tout d’abord la jungle, durant plusieurs heures, jusqu’à proximité d’Uleri. Puis nous plongeons sur Tikkedhunga, sous un soleil de plomb, regrettant bien de n’être pas dotés de quelque parapente nous permettant de glisser tout doucement dans l’air épais. Nous y déjeunons et bien nous en prend car un orage s’abat aussi soudainement que brutalement alors que nous sommes à l’abris. Nous logeons à Birethanti plutôt que de rentrer le soir même à Pokhara car je souhaite "faire" la crête de Sarangkot.

Mercredi 25/04/2012 : Birethanti, Nayapul, Naudanda, Sarangkot, Pokhara

En bas de l’hôtel, juste avant le pont qui traverse la Modi Khola, Anselma, Chantal et les porteurs prennent un taxi pour Pokhara avec les sacs tandis que Vincent, Anne, Chitra et moi allons à Nayapul pour prendre un microbus jusqu’à Naudanda et nous nous offrons le chemin de Sarangkot, 3 heures par la crête, sur la nouvelle route heureusement fort peu fréquentée par les véhicules à moteur. La crête est très peuplée, il y a de nombreuses écoles, dont une construite par les japonais, magnifique. Malheureusement, le temps couvert ne nous permet pas de voir le sommet du Macha Puchhare. Nous atteignons le bout de la crête, au dessus du lac de Pokhara, affamés. Heureusement il y a un petit restau, en contrebas de Sarangkot, à proximité de l’aire de décollage des parapentes. Parapentes ?! Oui, parapentes ! Le parapente s’est fortement développé à Sarangkot : 60$ le saut de 15-20 minutes en duplex. Le temps s’étant dégagé, il y a des myriades de voiles colorées évoluant en plein ciel. Rassasiés, nous prenons le chemin aérien qui descend à pic vers le lac (un escalier en fort bon état). Le soir, nous invitons à dîner les "baïs" (petits frères, en népali, c’est à dire nos deux jeunes porteurs) et Chitra, dans un restau sympa du bord du lac, tenu par un Australien. Nous discutons avec les jeunes, les interrogeons sur leurs projets d’avenir. Un d’eux a des envies d’ailleurs, pas pour rêver mais pour gagner de l’argent. Nous parlons des émigrés, il yen aurait 70000 rien qu’au Qatar... Plusieurs millions, dans les autres Emirats, au Japon, en Israël ; des jeunes, hommes et femmes.

Jeudi 26/04/2012 : Pokhara

Nous prenons le bus à la station principale, ce qui me permet de découvrir les latrines collectives de la gare routière: une pièce de +- 6-9m2, bordée sur son pourtour intérieur d’une rigole... à moitié bouchée par des étrons et du papier toilette. Faut-il que l’envie soit pressante pour qu’on s’y soulage !

Vendredi 27/04/2012 : Kathmandou

Nous nous promenons dès l’aube à travers tout Kathmandou : nous passons par le Durbar où je retrouve "mon" Garuda, une statue de l’homme-oiseau, monture du dieu Vishnou, toujours là, aussi beau qu’il y a 27 ans ! Il n’a pas pris une ride ! Puis, toujours à pied, nous nous rendons à Pashupatinath qu’un guide nous commente ; nous repartons vers Bodnath, par la colline des temples qui domine Pashupatinath, traversons la Bagmati (la "black mati", nous a dit le guide, un bel indo-aryen sympathique et intelligent) et parvenons à la stupa par les quartiers résidentiels. L’après midi se passe en dernières courses.

Samedi 28/04/2012 : Kathmandou

Nous sommes sur le départ, heureux de voir que notre aide permet à des jeunes gens motivés de devenir infirmiers de dispensaire et ainsi de "tempérer la douleur du monde", selon l’expression du Professeur Gentilini. Nous sommes aussi bien conscients de la nécessité de se rendre sur place, de rencontrer régulièrement nos correspondants, de prendre la mesure des réalités du terrain et de leur rappeler nos réalités à nous. Nous apprenons chaque fois un peu plus sur le pays.

Bye bye, Kathmandou...

 

Françoise Halbwachs

 

 

Des enfants de la montagne...

 

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