Séjour au Népal - novembre 2010...

  


 

28/01/2011 - Cher(e)s Ami(e)s,

 

Comme vous le savez, des membres de l’association AFPN se sont rendus au Népal en Novembre 2010, pour un séjour de trois semaines. Bien entendu, ces membres ont financé ce voyage sur leurs propres deniers.

L’objet de notre voyage était de rencontrer nos partenaires, de nous assurer de la bonne marche du financement des bourses, de prendre la mesure de la situation économique du Népal afin d’adapter le montant des bourses le cas échéant, d’évaluer l’offre de soin de l’arrière pays de Gorkha en général et du village de Lapu en particulier et de porter à Paudwar l’aide du Collège Jean XXIII. Il s’agissait aussi, chemin faisant, d’acheter de quoi approvisionner le stand afin qu’il soit attractif lors des forums.

Nous avions donc programmé une randonnée de 9 jours autour de Gorkha, nous conduisant à Barpak, Laprak, Lapu et Arughat, puis une randonnée de 3 jours autour de Pokhara, pour aller à Paudwar. Nous souhaitions rencontrer Badri Maskey, notre correspondant de Gorkha, qui accompagne les boursiers depuis 14 ans et qui par ailleurs met en place un service régional de télé-médecine. Badri nous avait aussi sollicité pour le financement d’une clinique privée à Arughat. Notre correspondant Deepak Upadhyay nous avait prévenu de son absence mais nous envisagions de nous rendre quand même à l’école de Jiri.

Or donc, ce dimanche 21 novembre, nous nous retrouvons de bon matin à l’aéroport de Francfort, arrivés qui par la route, qui par le train, de Baden-Baden ou de Strasbourg (pré-acheminement par le train allemand compris dans le prix du billet d’avion, acheté à Achern). L’équipe au complet est prête à faire enregistrer les bagages quand une alerte provoque l’évacuation temporaire du hall où se tient le guichet de la Gulf Air. Au bout d’un quart d’heure, le bagage suspect ayant été vraisemblablement implosé par les forces de sécurité, les affaires reprennent leur cours.

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Le voyage se passe bien, avec une escale à Bahreïn où nous apprécions l’atmosphère cosmopolite de l’aéroport qui permet à des émiratis enturbannés de côtoyer en toute quiétude des occidentales partiellement dénudées, et nous atterrissons à Kathmandu le lundi 22 novembre, en fin de matinée. A l’aéroport, nous prenons nos visas, récupérons nos bagages et passons la douane. Personne pour nous accueillir, le taxi affrété par Chandra Gurung est pris dans les embouteillages infernaux qui engorgent Kathmandu ! Un peu de patience et Shere et Kumar arrivent avec les traditionnels colliers de fleurs et nous emmènent à l’hôtel, le Shakti, situé dans le quartier touristique de Thamel.

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Chandra, le frère de Ganesh, qui s’est occupé de l’organisation logistique (autorisations, permis de trek, réservation des transports et des hôtels, recrutement de l’équipe de guides, cooks et porteurs pour nos déplacements dans l’arrière pays de Gorkha) nous retrouve dans le jardin du Shakti et nous fait remplir les différents papiers destinés à rassurer l’ambassade de France sur nos assurances respectives. Dans ces reliefs ardus, si d’aventure il nous arrive un accident, l’hélicoptère viendra nous récupérer ! Pensées fugaces à l’intention de nos frères et sœurs népalais qui ne bénéficient pas de telles dispositions.
Je suis impressionnée par le professionnalisme souriant de Chandra : c’est carré sur le fond et onctueux dans la forme, rassurant et agréable.

L’après-midi, chacun vaque selon ses désirs: certains partent à la découverte de la ville, Fabienne va rendre visite à une parente qui vit dans un orphelinat de Patan, quant à moi, je recompose mes sacs et vais m’acquitter des différentes missions confiées par quelques "Népalsaciens" amis. En soirée, Chandra revient nous chercher et nous emmène tous dans un restaurant népalais où nous dégustons un bon daal-baat arrosé de rakshi tout en admirant des danses traditionnelles des différentes ethnies.

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Mardi 23 novembre :

Tôt le matin, le bus spécial affrété pour notre équipe nous emmène à Gorkha; la route est en bon état et nous arrivons à destination vers midi.

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Gorkha est une bourgade importante située à flanc de montagne, à une altitude de 1500m, dominée par une crête sur laquelle est juché un temple hindou. Nous descendons au "Gorkha Inn", bel hôtel doté d’un beau jardin calme, situé dans le centre de Gorkha. Le daal-baat, offert par Badri, nous attend.

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Puis Badri nous rejoint et, après nous avoir remis des écharpes de bienvenue, nous emmène dans Gorkha.

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La visite commence par sa propre pharmacie dans les locaux de laquelle il a installé un ordinateur avec webcam, en communication avec des centres médicaux de Pokhara et de Kathmandu. La télé médecine est en marche et l’inauguration doit avoir lieu le 10 décembre prochain !

Puis nous partons à pied pour le centre ville historique où se trouve le palais royal, qui a été transformé en musée. Il est malheureusement fermé mais nous pouvons déambuler dans les jardins. Nous observons un piédestal vacant : la statue de Prithvi Narayan Shah, unificateur du Népal et fondateur de la dynastie des Shah qui a régné jusqu’en 2006, a été déboulonnée.

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Nous traversons la rue commerçante et rencontrons les parents de Santosh, qui étudie la médecine au campus de Dahran. Ils tiennent une petite échoppe; en outre, pour améliorer les revenus de la famille, la maman de Santosh prépare et vend du rakshi.

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Puis nous nous rendons à l’hôpital local, que nous visitons. Les locaux d’hospitalisations comprennent deux salles de 8 lits. Le plateau technique est constitué par un laboratoire et une radiologie. La salle d’opération permet la réalisation de petites interventions.

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Puis nous nous rendons à l’école de formation des "CMA" ("Community Medical Assistant") qui forme les infirmier(e)s-sage-femmes des dispensaires. Badri n’en est plus le directeur mais il garde une place de conseiller ("advisor"). L’école a à nouveau déménagé, mais les équipements pédagogiques n’ont guère évolué...

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Pour mémoire, L’école forme des "Community Medical Assistants" en 15 mois. Les CMA sont responsables des "sub health post", les dispensaires secondaires. Les dispensaires principaux sont dirigés par des Health Assistants qui sont, eux, formés en 3 ans.
Il y a beaucoup d’écoles de formation de CMA au Népal. Le programme des cours est national. Les études comprennent une partie théorique et une partie pratique, par sessions alternées de 6 semaines. Les nouveaux livres sont imprimés en népali exclusivement.
Enfin, nous rentrons à l’hôtel où nous avons rendez-vous avec les sept boursiers qui viennent d’intégrer l’école, pour une formation de 15 mois (septembre 2010-décembre 2011).

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Six nous attendent. Les étudiants, émus, se présentent à tour de rôle, en anglais. Nous leur rappelons la philosophie de l’association en insistant sur l’engagement à s’installer ultérieurement en zone reculée. Nous leur posons quelques questions sur leurs projets, faisons quelques commentaires ; Marie explique que quelle que soit la place qui nous est dévolue, petit dispensaire ou projet glorieux, l’essentiel est de l’occuper pleinement. Françoise, toujours préoccupée par la place de l’examen clinique, qu’elle sait être réduite à sa portion congrue dans la pratique népalaise, tente d’évoquer, en népali dans le texte, l’esprit de ses maîtres de la faculté de Strasbourg, ceux là qui ont pratiqué et enseigné la médecine la meilleure du monde... exercice ardu et probablement sans grands effets !
Badri nous remet les CV et lettres de motivation des boursiers ainsi que les reçus attestant qu’ils ont touché les sommes que nous leur avions envoyées par son intermédiaire ; nous buvons le thé et prenons congé afin qu’ils puissent s’en retourner avant la nuit.

Si nous constatons qu’il y a toujours à faire dans le registre de l’aide à la formation sanitaire à Gorkha, nous déplorons la cessation d’activité de la coopérative artisanale.

Le soir, nous faisons connaissance avec la bonne cuisine de notre chef cook, Téké Bahadur ; Ganesh, notre ami et guide, nous rejoint à 21h : il enchaîne les treks sans discontinuer depuis 2 mois.

Notre équipe népalaise est à présent complète. Elle est constituée d’un guide, de 5 assistants guide (Shere Gurung, Kumar Gurung, Prem, Suké, Diké Raï), d’un cook (Téké), de 5 assistants cook et de 15 porteurs. Nous transportons tout : la nourriture pour la durée du trek et tout le matériel nécessaire au couchage (tentes et matelas).

 

Mercredi 24 novembre :

Nous sommes réveillés avec un verre de thé chaud par les assistants guide. Il en sera ainsi tout au long du périple.
Après un petit-déjeûner roboratif préparé par Téké et ses assistants, nous partons. Badri, qui avait prévu de nous accompagner dans l’arrière pays, dont il est responsable de la promotion du tourisme, est malade et préfère renoncer.

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Nous prenons d’abord le chemin du temple qui domine Gorkha de 100 à 200 mètres.

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Après une courte visite, nous redescendons vers Naeshwar puis vers la Darudi khola où, après une interminable descente, nous rejoignons l’équipe des cooks qui nous a préparé un bon déjeuner.

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L’après-midi, nous empruntons le chemin qui, à fond de vallée, remonte la rivière et le suivons jusqu’au soir. Nous traversons la Darudi khola par un long pont suspendu et poursuivons sur une piste en construction. Elle est très poussiéreuse mais heureusement peu de véhicules y circulent. Nous bivouaquons au bord de l’eau - nous en profitons pour nous baigner.

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Notre campement est constitué par les 5 tentes hébergeant les 10 touristes que nous sommes, une tente pour les assistants guides chargés de surveiller le campement la nuit (les groupes de trek drainant éventuellement quelques voleurs alléchés par le contenu des sacs des touristes), une tente "cuisine", une tente "salle-à-manger", qui sert la nuit de dortoir pour les assistants guides et cooks, une tente "WC" dressée autour des feuillées creusées pour la circonstance.
Les porteurs quant à eux sont logés dans des masures tenues par les propriétaires des terrains de camping.

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Jeudi 25 novembre :

Après nous avoir réveillés en nous servant un verre de thé chaud, les assistants guides déposent une cuvette d’eau chaude par personne devant les tentes. Avec un peu d’organisation et d’entraînement, nous parvenons à faire une toilette complète, discrètement, sous la tente, sans rien éclabousser.

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Nous reprenons la piste, que nous quittons momentanément pour traverser le village de Finanstar, situé en contrebas, au fond de la vallée.

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En traversant le village, nous passons devant une petite pharmacie.

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Comme Françoise a perdu sa brosse à dent, nous nous arrêtons ; une jeune femme apparaît, Ganesh lui demande si elle consulte et où elle a étudié. Elle nous répond spontanément qu’il y a 12-13 ans de cela, elle a été élève à l’école d’infirmier(e)s de Gorkha, où elle a pu se former grâce à une bourse octroyée par des Français ! Elle s’appelle Tara.
Elle s’est installée à Finanstar voici 7 ans, avec son mari qui est health-assistant. Elle assure des consultations sur place ; son mari fait des soins dans les villages environnants, dont des accouchements ; à coté, ils tiennent une boutique et la pharmacie. Le dispensaire le plus proche est situé à flanc de montagne, à l’aplomb du village, à 45 minutes de marche de là.

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Les médicaments sont acheminés par camion, par la piste, qui existe depuis 2 ans.

Un petit groupe de curieux s’est formé autour de nous, quelques personnes expriment des plaintes et nous les examinons, avec Tara et à sa demande.

Puis nous reprenons notre chemin et, à la sortie du village, retrouvons la piste. En passant, nous notons avec une certaine tristesse que le problème de la gestion des ordures est loin d’être résolu : des débris de sacs plastiques, d’emballages en alu voire de piles, jonchent ça et là le chemin, notamment à proximité des villages.

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Nous reprenons notre route, marchant toujours dans le fond de la vallée, en remontant la rivière.

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Chemin faisant, dans l’après-midi, nous traversons une petite ville, Baluwa, dans laquelle se trouve une petite structure de soins privée ; l’infirmier n’est pas là et nous continuons notre route.

Plus loin, le chemin est barré par les festivités d’un mariage. Nous contournons la maison où se déroule la fête tandis que Ganesh, qui tente de la traverser en s’acquittant d’un droit de passage, manque se faire dévaliser par des convives ivres  !

Nous suivons la rivière jusqu’au soir, jusqu’au confluent de la Rangrung Khola, au bord duquel nous campons et dans les eaux fraîches duquel nous nous baignons puis faisons un bout de lessive.

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Vendredi 26 novembre :

Nous partons à la fraîche vers Barpak. Après avoir traversé la Randrung Khola, le chemin monte directement, escalade la montagne sans presque aucun répit. Le temps est couvert et les 1200m de dénivelée qui nous séparent de Barpak, situé à une altitude de 1950m, sont tranquillement avalés.

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Nous y sommes accueillis chaleureusement : Badri est le président du comité pour la promotion du tourisme du district de Gorkha et a prévenu téléphoniquement de notre arrivée.

Ceci aussi est un fait nouveau : l’utilisation intensive du téléphone portable. Les antennes ont permis de court-circuiter l’étape du téléphone filaire, techniquement impossible à installer dans ces reliefs ardus.

Nous avons aussi constaté que le travail réalisé dans le cadre de l’accueil des touristes a été énorme, en terme de confort : jusque là, nous n’avons rencontré en lieu et place d’infâmes fosses glissantes et puantes que de magnifique WC turcs, à bassin en céramique, et siphon s’il vous plaît, dotés de seau d’eau fraîche, propres et inodores.

Françoise a une pensée douce-amère en constatant qu’alors que les discours de prévention sanitaire se heurtent à une indifférence polie, la promotion du tourisme obtient des résultats autrement efficients...

Barpak est un gros bourg de 8000 habitants, pour un bassin de population de 14000. l’endroit est aisé, non seulement parce que le chemin d’accès au Manaslu y passait avant la construction de la route d’Arughat, mais aussi parce qu’il a fournit à la Couronne d’Angleterre de nombreux mercenaires Gurkhas qui, comme tous les travailleurs émigrés, envoient leur paie au pays. De plus, une fois rentrés chez eux leur temps de service terminé, les anciens Gurkhas sont des acteurs importants du développement de leur village de par leur expérience occidentale et du fait que la Couronne finance des projets de développement portés par eux.
Les maisons sont bâties en pierres, ça et là des drapeaux à prières flottent au vent, accrochés à des mâts.

Notre campement est installé dans la cour de l’école puis nous nous rendons au dispensaire où nous sommes accueillis avec tikka et colliers de fleurs.

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Le health assistant a fait ses études il y a 15 ans, puis a exercé à l’hôpital de Gorkha durant 8 ans avant d’être nommé à Barpak, où il réside depuis 7 ans.

Le dispensaire (sub health-post) est un bâtiment de 3 pièces ; il fonctionne avec une équipe de 4 personnes. Les principales pathologies sont respiratoires, favorisées par le froid et les fumées, traumatologiques et obstétricales (toutefois les accouchements ont majoritairement lieu à domicile, avec l’aide de la belle-mère). Les vaccinations sont effectuées par une équipe mobile qui passe tous les mois, le dispensaire ne disposant pas de frigo pour conserver les vaccins.

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Il n’y a pas de possibilité d’effectuer des analyses sanguines ou urinaires. La pharmacie comprend 22 médicaments fournis par le gouvernement (amoxicilline, métronidazole, sulfaméthoxazole-trimétoprim, vermifuges, collyres).

Il draine une population éloignée jusqu’à deux jours de marche. Le centre de référence le plus proche est Gorkha.
Le "health assistant" attend beaucoup de soutien de la télé-médecine et exprime des besoins en matériel de fourniture d’oxygène (extracteur) et de radiographie.

Nous rencontrons aussi, dans l’après-midi, en ville, un ancien élève de l’école de Gorkha qui s’est installé à son compte. Le besoin qu’il exprime est une formation en dentisterie, les caries étant très fréquentes, notamment en raison de la forte consommation de produits sucrés et du vieillissement de la population.

Nous sommes invités le soir par le "Club pour le Développement du Village" qui a fait préparer pour nous un daal-baat.

Ce club est appelé "Trois Etoiles", en référence aux trois castes du village (celle des Ghale, qui constitue l’aristocratie des Gurung, et regroupe les familles des "4 clans", celle des Gurung issus des 16 clans "inférieurs" et celle des Bikas "intouchables" (3 castes mais 1 communauté). Il a été constitué en 1997 (nb : le système des castes a été aboli par le roi Mahendra, voici 50 ans ; il a été aboli une deuxième fois par les maoïstes mais risque de perdurer ne serait-ce que parce que le nom de famille désigne ipso facto la caste ou l’ethnie : un Shrestha, par exemple, est Newar, un Sharma est Brahmane, et même s’il a quitté le système des castes en s’étant converti au catholicisme, par exemple, quand je lui dit "Monsieur Sharma", je sais de laquelle il est issu). Son président est Monsieur Jit Bahadur Ghale. Il a permis le financement de la construction d’un pont suspendu de 80m de long, d’importants travaux de voirie dans le village, d’une micro-centrale électrique pour un village proche, d’une école dans un village éloigné à 3h de marche. Il a favorisé la construction de toilettes et a pour projet l’approvisionnement en eau courante des maisons.

La bourgade comprend également une association de femmes, les "sept sœurs", organisée pour l’accueil des touristes.

Après le daal-baat, selon une coutume gurung, des femmes passent avec une bassine d’eau pour nous laver les mains, la bouche et ... nous essuyer le nez !

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Samedi 27 novembre :

Nous quittons Barpak et reprenons la montée.

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Le sentier grimpe hardiment, nos porteurs louent les services de mules. 700m plus haut, nous quittons la forêt d’arbres jeunes puis de rhododendrons et traversons des chaumes. Le sentier suit la crête et chemine en balcon jusqu’au col, le Gupsi Danda, situé à 2670m. Il fait beau et le paysage est magnifique ; à l’ouest, le Bouddha Himal, majestueux avec ses 6672m, à l’est, la chaîne dentelée des Ganesh Himal, culminant à 7422m.

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Nous laissons nos colliers de fleurs sur le monument votif qui marque le col et entamons la descente, aussi raide que l’a été la montée.

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Celle-ci nous mène, après la pause déjeuner, toujours goûteuse et consistante, jusqu’au village de Laprak, situé à une altitude de 2100m, majoritairement peuplé de Gurung.

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Deux associations françaises apportent leur soutien à Laprak : "les Amis de Laprak" et "les Enfants de Laprak". Ces associations soutiennent l’école tant par des parrainages d’enfants (les Amis de Laprak) que par la rénovation ou la construction de bâtiments (Amis de Laprak, Enfants de Laprak) ainsi que le dispensaire (Enfants de Laprak).

Là encore, nous campons dans la cours de l’école.

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Après nous être installés, nous partons visiter le dispensaire. Construit grâce à l’aide de l’association "les Enfants de Laprak", c’est un bâtiment plus grand que les dispensaires gouvernementaux. Il comprend, outre un bureau et une salle d’examen, une pièce dévolue à l’enseignement pouvant accueillir 15 à 20 personnes ainsi qu’une chambre dans laquelle l’infirmier est hébergé. Celui-ci vient d’une autre région et travaille à Laprak depuis 18 mois.

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Il voit 15 à 20 patients par jour. La pharmacie, là aussi, comporte 22 médicaments, non compris les traitements tuberculostatiques. (Il y a à peu près 5 patients par an qui suivent un traitement tuberculostatique).
Les instruments sont lavés et stérilisés par ébullition ; les seringues et les aiguilles sont collectées dans une boite spéciale et enterrées.
Le dispensaire est équipé d’une télévision qui permet de visualiser des programmes d’éducation sanitaire.
Le centre de référence est Arughat.

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Après le dîner, les villageois arrivent en grand nombre, à la lueur des torches, et nous apportent une cruche de rakshi. Ils entonnent des chants, puis dansent et nous invitent à participer. Nos porteurs nous rejoignent rapidement. En fin de soirée, un panier circule, afin de collecter la libre contribution de chacun. La somme est ensuite comptée et remise au comité du village sous les applaudissements des participants. Son utilisation est explicitée séance tenante : cet argent servira à l’entretien des chemins et d’autre projets de développement du village.

 

Dimanche 28 novembre :

Après le petit déjeuner, toujours copieux et chaque jour différent, nous reprenons notre chemin. Il descend, traverse le village puis longe le flanc de la montagne. Nous quittons l’ancien chemin du tour du Manaslu (qui descend vers la Machha Khola qu’il traverse avant de remonter à Singla), pour aller vers Gumda.

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Nous croisons beaucoup de gens chargés de nattes de bambou tressé, roulées autours de longs mats. En effet, les agriculteurs se rendent dans des champs éloignés avec leurs bêtes, vaches et chèvres ; ils dressent des abris où loger quelques jours: les nattes en sont les toits ; tandis que les bêtes paissent, ils labourent les champs, qui sont des terrasses étroites, puis la besogne accomplie, déménagent vers d’autres parcelles.

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Notre chemin parvient à une rivière, la Malong Khola, où nous faisons halte pour le déjeuner : l’endroit est idyllique, ensoleillé et protégé par quelques arbres, rafraîchit par le ruisseau qui coule en cascade.

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Après avoir une fois de plus apprécié la cuisine savoureuse et variée de notre cher Téké, nous repartons, traversons une petite forêt ombragée, puis une succession de champs en terrasses avant de parvenir à Gumda.

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Après avoir pris possession du terrain de camping, nous nous rendons au dispensaire.

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Celui-ci a été construit grâce à l’aide d’une association hollandaise. C’est une maison qui comprend un rez-de-chaussée où se trouvent un bureau, une salle d’examen et une salle de pansement, et un étage avec une pièce spacieuse dans laquelle des réunion de formation peuvent être organisées. Il y a également une chambre dans laquelle les patients peuvent être gardés sous surveillance et être perfusés.

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Le bureau est abondamment décoré d’affiches d’éducation sanitaire. L’une d’elle montre un homme enceint. Nous nous grattons la tête, que peut-elle signifier ? Le texte qui l’accompagne dit : "si c’était vous (les mecs) qui portiez les bébés, à combien de grossesses vous arrêteriez-vous ?"

Dil Prasad Gurung qui y exerce le métier d’infirmier depuis 22 ans est originaire du village même.
Les horaires d’ouverture sont de 10h à 14h en continue, mais il assure aussi les urgences. Il voit 12 à 25 patients par jour. Comme pour les autres dispensaires, la pharmacie se limite à 25 produits, qu’il complète avec sa pharmacie "privée", ce qui lui permet d’améliorer ses revenus.

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Il fait un inventaire tous les 3 mois.

Il estime que 10% des patients justifieraient de soins plus lourds, disponibles à Arughat, Gorkha voire Kathmandu mais peu ont les moyens de s’y rendre pour s’y faire soigner.

Il est aidé dans sa tâche par une jeune femme qui intervient ponctuellement et qui est rémunérée par les villageois.

Il souhaiterait être secondé dans son travail par un infirmier, qui devrait être salarié par une association extérieure et proposerait même un candidat.

Après avoir visité le dispensaire, nous nous promenons dans le village. Il y règne une atmosphère festive en raison de la tenue d’une foire permettant des échanges commerciaux et conviviaux.

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En outre se déroule une cérémonie organisée à l’occasion du premier anniversaire du décès d’un chaman respecté. Y officient deux lamas, originaires de la région mais formés à Kathmandu et deux jankhris. Un des lamas a revêtu un habit particulier, une robe rouge et noir, ornée de rubans blancs et jaunes; sur la tête, il porte le diadème aux 5 facettes et dans ses mains un tambour qu’il frappe d’une baguette incurvée, tandis qu’il danse au son de cymbales. La cérémonie dure toute la nuit et le jour suivant mais nous n’assistons qu’aux 10 premières minutes.

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Autant il a fait chaud durant la journée, autant la nuit est froide et nos tentes se couvrent d’une mince croûte de glace.

 

Lundi 29 novembre :

Nous quittons Gumda en poursuivant à flanc de montagne, vers Lapu.

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Le chemin s’élève et passe près de quelques chörtens ; Ganesh nous explique qu’il s’agit d’un cimetière gurung. Les corps sont enterrés allongés et les tombes sont surmontées d’un chörten orné parfois d’un mât sur lequel sont accrochés des drapeaux de prières.

Il y a aussi des chörtens situés sur les chemins. Ceux là contiennent les cendres de personnes décédées à l’étranger.

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Le chemin traverse une forêt, puis, après avoir passé une crête, descend à pic sur la Dharche Khola, où nous nous arrêtons pour une pause baignade-lessive et déjeuner.
Nous repartons après le repas et atteignons Lapu en début d’après-midi.

Lapu regroupe 9 hameaux, dont le plus éloigné est distant de 1h30 de marche, où habitent au total 4000 personnes.

Comme pour la plupart des villages, les jeunes hommes qui le peuvent émigrent en Inde, dans les Emirats, au Moyen-Orient, notamment en Israël, et envoient leur salaire pour faire vivre leur famille. Les conditions de vie peuvent être très dures et les décès par déshydratation, coup de chaleur, épuisement et accidents ne sont pas exceptionnels. Restent dans les villages les personnes âgées, les femmes et les enfants...

Nous sommes accueillis à l’école en grande cérémonie. Les élèves présentent un petit spectacle puis le directeur nous invite à visiter les bâtiments.

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L’école accueille 240 élèves qui étudient jusqu’en classe 8 ; L’équipe enseignante comprend 8 professeurs dont 5 payés par le gouvernement et 3 par le comité local pour le développement ; les matières enseignées sont essentiellement l’anglais, le népalais, les mathématiques, la population, la santé avec les premiers soins, la planification des naissances, les maladies contagieuses. L’école aurait bien besoin d’une aide et nous nous promettons de transmettre l’information aux Amis et aux Enfants de Laprak...

Le VDC (Village Developpment Committee) comprend 1 président et 9 conseillers ; le président est élu par les villageois de plus de 18 ans.

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Le village a décidé de se doter d’un dispensaire modeste. Nous nous rendons sur le chantier. Il s’agit d’un bâtiment de deux pièces de 3x3m chacune, déjà bien délimitées. Mais l’argent manque pour poursuivre les travaux.

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Pourtant, l’infirmier est déjà là : il s’agit d’un jeune homme du village, qui a étudié à Gorkha il y a deux ans.

Pour le moment, il consulte dans sa propre maison, dans des conditions difficiles. (Il voit 2 -3 patients par jour, 40 en période d’épidémie). Il ne touche aucun salaire, ne dispose que des quelques médicaments qu’il achète et revend.

En fin d’après-midi, nous retournons au village. Françoise note la présence de socs de charrue partiellement enterrés, placés aux angles des maisons. "C’est pour les protéger des démons", explique un de nos accompagnateurs.

Nous nous rendons dans la maison familiale de Ganesh où vit sa mère âgée de 84 ans. Son frère aîné, le père d’Asha, qui étudie la médecine à Dakha, vit à coté. On mesure le chemin qu’a parcouru cette jeune femme, l’intelligence et la ténacité dont elle a du faire preuve pour avoir réussi à étudier dans des conditions aussi ardues - le nombre de titulaire du SLC du village n’excède pas 22.

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Après le repas, le village nous convie à une soirée festive, des danses traditionnelles, exécutées par deux garçons habillés en filles. Suit une collecte dont le montant est attribué au comité du village.

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Mardi 30 novembre :

Le lendemain, nous repartons. D’abord en balcon, le chemin plonge vers le fond de la vallée où coule la Budhi Gandaki. Nous descendons de 1200m et c’est une rude épreuve pour nos genoux. Nous avons une pensée pour tous les gens malades qui sont évacués vers l’hôpital d’Arughat car c’est ce chemin qu’ils doivent emprunter.

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Nous nous arrêtons pour déjeuner. Une femme arrive, avec un enfant qui a été brûlé à la cuisse 10 jours auparavant (2ème degré profond). Un emplâtre d’herbes médicinales a été posé et l’aspect de la blessure est propre ; nous résistons à la tentation de tout laver et de faire un super-pansement avec les produits de notre trousse : il ne pourrait être renouvelé. Visiblement, avec les soins apportés, cette brûlure évolue bien et nous rassurons la maman (en espérant que le petit a été vacciné contre le tétanos).

Nous reprenons notre route, à travers une forêt de feuillus puis parvenons au bord de la rivière et la longeons vers l’aval. Nous nous arrêtons pour camper en fin d’après-midi.

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Mercredi 1er décembre :

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Nous suivons la large piste qui longe la Budhi Gandaki. Nous traversons un gros bourg, Arkhet, puis arrivons en fin de matinée à la ville d’Arughat.

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Nous avons la surprise d’y être accueillis en fanfare par le Groupe Culturel Gurung local.

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5 musiciens en costume local, topi noir, gilet et pantalon noir, jouant du tambour et de l’harmonium, portant drapeaux et banderole, nous barbouillent de poudre rouge, nous passent autour du cou des guirlandes de fleurs puis nous conduisent à travers toute la bourgade.

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Badri Maskey avait sollicité AFPN pour la construction d’une clinique privée ; nous sommes donc intéressés de savoir quelle est déjà l’offre de soins existante. C’est pourquoi, l’après-midi, nous visitons le Primary Health Center.

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Cette structure, gouvernementale, est bizarrement située au sommet d’une colline assez abrupte; on se dit que si on est capable de l’escalader, c’est qu’on n’est pas si malade que ça...!!!

Les bâtiments sont spacieux et ont été agrandis il y a deux ans ; il y a une salle de consultation et d’examen, une pièce avec 3 lits d’hospitalisation, un laboratoire permettant les analyses du sang et des urines. Il y a un appareil de radiographie qui ne peut être utilisé en raison du manque d’électricité.

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L’équipe comprend un médecin MBBS, un inspecteur de santé, 4 infirmier(e)s et 2 laborantins.

Le salaire du personnel est assuré par le gouvernement ; la communauté apporte un complément afin d’encourager les soignants à rester.

Les heures d’ouverture vont de 8h à 15h plus une astreinte permanente. La fréquentation est de 40 à 50 patients par jour. 7 patients sont suivis pour tuberculose, 2 pour la lèpre.

Le médecin se déplace dans les communes environnantes.
Les extractions dentaires sont faites sur place.

La pharmacie comprend 35 médicaments différents, fournis par le gouvernement, en quantité toutefois insuffisante.
Le laboratoire effectue les analyses sanguines et urinaires de base.

Le diagnostic du HIV est fait par un test rapide sur place, tandis que le traitement ne peut être suivi qu’à Pokhara.
Les campagnes de vaccination sont assurées par une équipe de Kathmandou une fois par mois.

Les instruments sont stérilisés par autoclave, les déchets sont brûlés.

Il y a de l’électricité, mais seulement la nuit. Le frigo fonctionne, la nuit ; des poches d’eau y sont stockées afin de conserver la fraîcheur durant le jour.

Nous questionnons les soignants et les laborantins sur leurs besoins : ils répondent que ce qui leur manque, c’est un générateur d’électricité.

En descendant du centre de santé primaire (Primary Health Center), nous voyons qu’il y a déjà 3 "cliniques" privées en ville.

Le soir, nous goûtons pour la dernière fois à la cuisine de notre cher Téké. Pour la circonstance, il a mis les petits plats dans les grands et confectionné un gros gâteau de fête.

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Jeudi 2 décembre :

Nous partons dès l’aube pour Gorkha, vers l’ouest. Le bus emprunte une piste difficile, qui, quittant la vallée embrumée, escalade la colline et poursuit en balcon sous les crêtes ensoleillées, offrant une vue magnifique.

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Nous nous embourbons mais finalement le bus peut poursuivre sa route grâce aux muscles d’une demi-douzaine de courageux volontaires qui le poussent avec ardeur. Nous mettons 4h pour couvrir les 40km qui nous séparent de Gorkha.

La troupe que nous avons quittée prend quant à elle le bus pour Kathmandu, vers l’est.

Arrivés à Gorkha, nous déjeunons au "Lapu lodge" d’un bon daal-baat puis allons saluer Badri. Il s’est bien remis et peaufine l’installation de sa salle de consultation de télé-médecine.

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Nous repartons en bus vers Pokhara, que nous atteignons en fin d’après-midi. Nous logeons au "Candle Inn", grand hôtel dont l’architecture a un certain cachet, raison pour laquelle Ganesh l’a choisi pour nous.

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Nous ne le savons pas encore, mais à cause de cela, nous "ratons" Gyan Bahadur, l’ancien directeur de l’école de Paudwar, qui aurait voulu nous accompagner et qui nous a cherché au "Lake View Resort" où Françoise pensait que nous irions. Comme elle n’avait pas encore intégré le fait que les Népalais ont parfaitement "digéré" le téléphone portable, elle a omis de prévenir Gyan du changement de lieu d’hébergement.

 

Vendredi 3 décembre :

Nous partons tôt le matin dans le bus loué par Ganesh. (Nous sommes 18 personnes, avec armes et bagages, ce qui est trop pour un "micro-bus".)

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La route est goudronnée jusqu’à Baglung. A Beni, nous quittons notre véhicule et, après avoir déjeuné dans une petite échoppe d’un bon daal-baat, nous nous installons dans un autre véhicule.

Il y a 4 ans, ce transbordement était nécessité par l’absence de pont permettant aux bus et autres camions de franchir les rivières. Mais maintenant de beaux gros ponts bien costauds traversent la Kali Gandaki. Le changement de véhicule est motivé par le changement de district : les bus du Parbat circulent dans le Parbat et ceux du Myagdi dans le Myagdi.

Nous partons mais au bout de 300m le chauffeur s’arrête, consterné : il est parti sans son aide. Or l’aide est un personnage capital, presque autant que le chauffeur. Il est nécessaire à la réussite de toutes les manoeuvres que doit effectuer le bus : croisement un peu serré, marche arrière... un bus sans aide, c’est un bus aveugle dès lors qu’il ne s’agit plus d’aller tout droit sur une piste dégagée. Heureusement, l’assistant du chauffeur nous rejoint rapidement et nous pouvons repartir en sécurité.

Nous débarquons à Tiplyang et poursuivons à pied : le sentier a désormais disparu sous la piste poussiéreuse. Celle-ci passe les gorges en longeant le ravin et nous sommes soulagés d’être sur nos petites papattes plutôt que dans une caisse en métal sur roulettes.

A hauteur de Gar Khola, le Nilgiri se dévoile brusquement, dans toute la majesté de ses crêtes neigeuses. Mais si les sommets sont toujours sur lignés de blanc, son glacier, situé au bas des pentes rocheuses, semble avoir totalement disparu.

Nous parvenons à Tatopani en fin d’après-midi et nous faisons halte au "Trekkers’ lodge". Basuda est toujours au poste, secondée par son fils aîné.

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Le village n’a pas vraiment changé, la route le contourne en contrebas et passe entre les maisons et les sources chaudes qui, elles, ont été bien aménagées. Il y a deux vastes bassins d’eau chaude alimentés en continue par les sources ; un "salon de massage" aménagé à proximité offre des prestations appréciées des randonneurs fourbus.

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Samedi 4 décembre :

Après un bain dans les sources suivi d’un bon petit déjeuner pris au lodge, nous repartons, traversons l’ancien pont suspendu et entamons la montée vers Paudwar que nous atteignons vers midi.

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Par un hasard extraordinaire, le village accueille au même moment une troupe de 21 étudiants américains, de l’université du Nouveau Mexique, menée par Dave, médecin urgentiste et accompagnée par Mahabir Pun.

Dave a travaillé au Népal dans les années 1993-1994 et y revient tous les ans pendant 4 à 6 semaines, dans le cadre d’un programme porté et financé par la faculté de médecine.

D’après ce que nous avons compris, il s’agit de proposer aux étudiants de 3ème et 4ème année un stage de médecine d’urgence comprenant un enseignement théorique à Kathmandu portant sur les réalités du terrain suivi d’une découverte sur site consistant en une randonnée dans l’arrière pays. A Paudwar, les étudiants ont passé l’après-midi à visiter 2 petites structures de soins du village et à assister à des consultations médicales assurées par Dave.

Mahabir Pun, lui, a un parcours hors du commun et jouit d’une grande renommée au Népal. Il est originaire du village de Nyangui, village majoritairement peuplé de Magars et situé sur les contreforts sud-ouest de Pun Hill ; Françoise y a d’ailleurs assuré la formation d’un "agent de santé villageois" en 1989 et examiné de nombreux enfants dans le cadre du programme de soins de santé primaire porté à l’époque par l’association "Aide Médicale et Sanitaire". Donc, Mahabir a grandi à Nyangui au milieu des chèvres et des moutons. Son père était Gurkha et, à son retour, a fait déménager toute la famille dans le Téraï, où Mahabir a pu aller à l’école. Il est devenu enseignant et, en 1989, a bénéficié d’une bourse d’étude aux USA où il est resté jusqu’en 1996, date à laquelle il a obtenu son diplôme en science de l’éducation. Chose remarquable, ainsi que nous l’a fait remarqué Ganesh, il est revenu au pays, mieux : dans son village natal. Là, il a pris la mesure des besoins et a créé une école, ("Himanchal High School"), axée sur l’enseignement de l’informatique et les projets susceptibles de générer des revenus. Il est retourné aux USA pour compléter sa formation. Afin de développer à la fois le système éducatif et le potentiel économique de son village, il a appris à collecter et réparer les ordinateurs et a crée un réseau informatique sans fil pour les villages reculés.

Son travail a pour objet l’enseignement à distance par voie informatique, déborde ce cadre pour s’étendre au développement économique en s’adressant tant aux fermiers isolés qu’aux professionnels du tourisme et s’oriente également vers la télé-médecine !

En 2007, il a été récompensé par un prix philippin, le Prix Magsaysay, quasi équivalent au Prix Nobel en Asie. Pour info (merci Wikipédia), Ramon Magsaysay était un président philippin réputé pour son courage et son honnêteté, dévoué à son peuple et à la démocratie. Le prix a été instauré en 1957 par la Fondation Rockfeller et le gouvernement Philippin.

Malheureusement, le comité local, qui en fait avait organisé une cérémonie d’accueil, remise d’heure en heure toute l’après-midi, a complètement omis de nous associer à cette visite et nous avons fait antichambre jusqu’à la nuit, jusqu’à ce que le groupe américain soit disposé à assister aux danses présentées par les enfants de l’école.

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Au cours de la soirée, nous remettons officiellement à la directrice de l’école, Madame Tham Maya, l’argent collecté lors du "Bol de riz" de 2010 par Monsieur Pierrel du collège Jean XXIII.

 

Dimanche 5 décembre :

Avant de repartir, nous retournons à l’école ; le comité nous remet une lettre de remerciements destinée à Mr Pierrel, (expliquant de quelles façons l’argent allait être utilisé).
Nous rappelons que l’objet d’AFPN est la formation paramédicale, qu’en 2001-2002 nous avions financé une bourse d’étude pour deux jeunes femmes du village (qui sont parties depuis), que nous sommes disposés à étudier toute nouvelle demande dans ce sens...

Puis nous partons vers Gorepani en passant par Poon Hill.

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A Chitre, nous apercevons un dispensaire flambant neuf, le "Shree Shanti Medical Hall and Dental Clinic" : il a été construit en 2006 par une association belge nommée "Himalayan Projects NPO" qui finance également son fonctionnement (himalayanprojects.org). Le personnel comprend 2 infirmières ("CMA") ; elles logent sur place et disposent d’un petit lopin de terre.

Par grande chance, les Américains ont pris le même chemin et, le soir, après avoir assisté du sommet de Poon Hill au spectacle grandiose du coucher de soleil sur la chaîne himalayenne, Marie et Françoise se rendent au Lodge qui les héberge pour discuter avec Mahabir Pun et Dave.

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Mahabir nous parle de la télé-médecine pour le développement de laquelle il travaille en collaboration avec le "Model Hospital" de Kathmandu et nous invite à l’y retrouver quelques jours plus tard !

 

Lundi 6 décembre :

La journée se passe à descendre de Gorepani à Birethanti à travers l’épaisse forêt de rhododendrons puis les champs en terrasses étagées sur tout le flanc de la montagne jusqu’au fond de la vallée où coule la Bhurungdi Khola, affluent de la Modi Khola qu’elle rejoint à Birethanti.

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A Nayapul, un véhicule réservé par Ganesh nous attend et nous emmène à Pokhara où nous retournons loger au "Candle Inn". Nous prenons congé des porteurs.

Le soir, nous prenons un dernier repas avec nos guides, dans un bon restaurant du bord du lac où nous les invitons.

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Nous avons grandement apprécié leur professionnalisme; dans les passages un peu exposés, ils veillaient discrètement à ce que tout se passe bien ; en quittant le campement le matin, plus d’une fois ils ont récupéré un ou deux objets oubliés : de vrais anges gardiens, et toujours dans la bonne humeur.

 

Mardi 7 décembre :

Françoise, qui a enfin saisi l’importance du téléphone portable au Népal, a repris contact avec Gyan Bahadur qu’elle rencontre dans la matinée, tandis que les autres membres du groupe vaquent au musée de l’alpinisme, qui retrace l’histoire des grandes conquêtes himalayennes, dans les boutiques du bord du lac.

Gyan nous donne des nouvelles des deux jeunes femmes dont la formation avait été financée par AFPN : après avoir tenu une petite structure de soins à Paudwar même pendant quelques années, elles ont quitté le village, et il en est gêné vis à vis de nous.

Shanti est restée 4 ans à Paudwar puis a suivi une formation complémentaire durant 6 mois et travaille désormais à l’hôpital de Pokhara. Elle accompagne des équipes mobiles chirurgicales et est semble-t-il appréciée pour ses compétences. "Elle fait un bon travail" assure Gyan.

Til Kumari quant a elle est restée 2 ans. Elle travaille actuellement dans une ONG en lien avec la problématique du SIDA (je suppose qu’il s’agit essentiellement de prévention, mais peut-être s’agit-il aussi de soins et d’accompagnement)

Certes, ces jeunes femmes ne sont pas restées dans leur village ; néanmoins, elles travaillent toujours dans les soins, et probablement pour les populations des zones reculées. En ce qui la concerne, Françoise estime que l’aide d’AFPN n’a pas été vaine.

Nous réitérons à Gyan notre proposition d’aide à un projet sanitaire sur Paudwar.

Nous rentrons à Kathmandu dans l’après-midi, par la voie des airs, ce qui nous permet d’apprécier le spectacle unique des montagnes vues du ciel.

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Nous les longeons d’ouest en est, à bonne distance cependant, le nez collé au hublot, nous efforçant de les reconnaître. Nous survolons Gorkha, facilement identifiable par son temple puis parvenons au dessus de la Vallée surpeuplée.

 

Mercredi le 8 décembre :

Nous avions initialement prévu de nous rendre à l’école de Jiri où 7 jeunes femmes qui ont commencé leurs études en février 2010 bénéficient d’une bourse. Mais, en ce moment, les élèves seraient en train de passer des examens.

Nous renonçons donc et mettons à profit ce temps libre pour visiter Bhaktapur et la Vallée.

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Bhaktapur est une des trois villes royales, qui a été restaurée dans les années 80. Le centre ville a beaucoup de charme. Les maisons sont en briques rouges, à 2 ou 3 étages, les montants de fenêtre en boiseries ouvragées et de nombreux temples hindous ornent les places.

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L’après-midi est consacré à une promenade dans les collines environnantes.

 

Jeudi le 9 décembre :

Chacun vaque selon sa préférence : certains visitent les endroits renommés de Kathmandu, d’autres font leurs courses...

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Nous consacrons une partie de la matinée a faire des emplettes pour approvisionner le stand en sacs, sacoches, paquets de thé...

L’après-midi, Ganesh nous emmène chez lui afin que son cousin Shere nous enseigne la préparation des momos.

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Nous sommes des élèves attentifs : nous nous sommes d’ors et déjà engagés à en cuisiner un millier pour le prochain Tour du Monde Culinaire de Strasbourg, organisé par le collectif inter associatif Humanis dont Aide à la Formation Paramédicale est membre !

 

Vendredi 10 décembre :

Ce matin, nous sommes reçus à l’ambassade de France où nous avons rendez vous avec Monsieur Jean Romnicianu, Premier Secrétaire et responsable des relations avec les associations humanitaires françaises.

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Mr Romnicianu a une inestimable expérience du Népal où il a séjourné à de nombreuses reprises, il y a 25 ans déjà comme directeur du Centre Culturel Français.

Son ressenti concernant le pays est que, même si politiquement il y a un certain flottement, la nouvelle constitution n’ayant pas encore été adoptée, les gens réinvestissent, construisent, bref, font montre d’une certaine confiance en l’avenir.

Après nous avoir écouté lui relater notre séjour, il nous confirme la position particulière d’AFPN parmi les associations françaises d’aide, dont la plupart ont pour objet l'éducation et l’enfance. Il nous encourage à poursuivre le financement de bourses de formation et nous met en garde contre le financement de structures qui ne pourraient pas ensuite fonctionner faute de moyens. Il observe que même dans les endroits les plus défavorisés, les habitants ont élaboré une stratégie de soins et qu’installer une structure non viable risque avant tout de tuer le peu qu’il y a déjà.

L’après-midi, Françoise se rend au Model Hospital, où Monsieur Mahabir Pun lui a donné rendez-vous afin de rencontrer le Docteur Saroj Dhital, responsable du programme de télé-médecine.

Le Model Hospital a été construit par une ONG népalaise, créée en 1991, appelée "Public Health Concern Trust" phct-Nepal (phectnepal.org), affiliée au conseil de secours social (Social Welfare Council), dont le but est d’améliorer la santé des Népalais. Sa philosophie est de prendre en compte tout l’homme et pas seulement la maladie, de combiner la technologie aux valeurs humaines, de rendre le système de soins accessible à toute personne, y compris aux plus démunis.

En 1993, le Model Hospital comprenait 18 lits ; il est devenu un centre de soins de 3ème recours de 125 lits en 2003. Ses services comprennent les soins curatifs, les services techniques d’examens complémentaires biologiques, radiologiques, endoscopiques et électrophysiologiques et les services orientés vers la prévention et les soins de premiers recours des communautés environnantes.

C’est à ce dernier titre que le Model Hospital intègre le développement de la télé-médecine et de l’informatique au service des régions reculées (formation par internet).

La télémédecine est une possibilité d’aide au diagnostic et à la prise en charge des patients de régions reculées sans qu’ils aient à se déplacer jusqu’à Kathmandu. Il s’agit de rompre l’isolement dans lequel se trouvent les professionnels de santé des dispensaires. En outre, la télémédecine permet aussi leur formation continue.

Françoise a été reçue avec beaucoup de chaleur et de simplicité par Monsieur Pun, un des directeurs de l’hôpital et le Dr Dhital. Celui-ci met en garde contre l’abord purement technologique de la problématique et insiste sur la place de la relation humaine, qui doit être préservée dans la consultation. Il résume ainsi sa pensée : "a house is not a home" (une maison n’est pas un foyer).

Les nouvelles technologies informatiques ouvrent des perspectives d’enseignement et de soins qui nous concernent ici aussi. Je pense à Monsieur le Professeur Schlienger et les sessions de e-learning destinées aux médecins généralistes alsaciens. Je pense à Monsieur le Professeur Jacques Marescaux, spécialiste de chirurgie digestive et endocrinienne, qui par l’utilisation judicieuse de l'informatique et de la robotique, a développé la télé chirurgie, opérant, en 2001, depuis New York une patiente qui se trouvait à Strasbourg. Il travaille également à la formation des chirurgiens par Internet et a fondé la première université virtuelle de chirurgie (websburg.com). Je pense au docteur Charles Nsemgiyumva, président fondateur de l’association Aide Médicale Entraide Internationale, dont la mission est la formation continue de médecins africains et qui, à ce titre, pourrait être intéressé par la télé-médecine.

 

Samedi 11 décembre :

Il est temps de rentrer en France, riches de souvenirs de rencontres et de moments de partage.

Nous sommes enchantés de notre séjour et de la façon dont Monsieur Ganesh Gurung a organisé la partie logistique de la randonnée.

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C’est l’heure du bilan.

Tout d’abord, nous avons constaté une augmentation certaine du coût de la vie, qui pose la question de la revalorisation des bourses.

Notre coopération avec Monsieur Maskey fonctionne bien, et, avec le partenariat de Ganesh Gurung, nous pouvons envisager de compléter le programme de formation des infirmiers par un programme de soutien aux structures de soins des zones reculées, en pratique à Lapu et Gumda.

Les programmes de télé-médecine de Monsieur Maskey et du Model Hospital sont à suivre ; dans le contexte du Népal, leur développement peut apporter un réel soutien aux infirmiers des dispensaires et un progrès pour les soins dont bénéficient les patients. La qualité du recueil des symptômes et l’accompagnement humain seront néanmoins toujours primordiaux.

En ce qui concerne l’école de Jiri, la question de la poursuite du programme devra être résolue en accord avec Monsieur Upadhyay.

 

A suivre...

 

 

 

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