L'Artisanat de Gorkha . . .


 

 

Artisanat de Gorkha :
récit d'une tentative d'améliorer les revenus des femmes par le commerce équitable

 

 

 

I.

QUELQUES MOTS CONCERNANT LE NEPAL
ET LA REGION DE GORKHA

 

 

Petit pays d’Asie situé entre la Chine au nord et l’Inde au sud, le Népal est constitué par la chaîne himalayenne au nord, par une zone de moyennes montagnes et de bassins puis par la plaine du Téraï au sud. C’est un pays essentiellement rural, dont l’industrie est très peu développée. Le réseau routier se limite à quelques grands axes où circulent bus et camions surchargés.

La région de Gorkha [i]


est située à une centaine de kilomètres
à l’ouest de Kathmandou.
Elle s’étend du Ganesh Himal à la rivière Trisuli.
Le paysage est montagneux.

 

L’économie est rurale. Gorkha est le berceau de la famille royale népalaise. C’est une ancienne ville de principauté où parvient depuis peu une route macadamisée venant de la Haute-Route qui relie Kathmandou à Pokhara. En fait, c’est un gros bourg situé à flanc de montagne. Tout autour sont disposés des villages à l’habitat dispersé et reliés entre eux par de petits sentiers. Les habitants vivent des produits de leurs champs.

L’état de la santé des populations népalaises est précaire. La longévité moyenne avoisine 50 ans. Les principaux problèmes de santé sont la malnutrition, les diarrhées, les parasitoses digestives, les maladies broncho-pulmonaires et cutanées.

Il existe en zones rurales des centres de soins gouvernementaux, sous équipés et insuffisamment approvisionnés en médicaments; en outre les postes de médecins et d’infirmiers qualifiés sont trop souvent vacants. Un secteur médical privé existe, mais il est onéreux et inaccessible aux populations rurales pauvres.

Pour pouvoir améliorer leur situation médicale et sanitaire, il faut donc non seulement améliorer les services médicaux nationaux, mais aussi instruire et enrichir les populations rurales

 

 

 

II. LE PROGRAMME DE DEVELOPPEMENT SANITAIRE

 

 

Des habitants de Gorkha ont constitué une association locale, le “comité pour le développement” ou “development committee”, présidé par Monsieur Badri Bahadur Maskey, qui s’est donné pour mission d’améliorer les conditions sanitaires et économiques des populations rurales, en particulier des femmes et des enfants. Pour atteindre ce but, elle s’est fixé les objectifs suivants: - favoriser la production et la vente d’artisanat local par la création d’une coopérative artisanale : la “handicraft group of Gorkha”, coordonnée par Madame Kamala Shresta. - promouvoir l’éducation des adultes dans les domaines de l’hygiène et de la nutrition La mise en application de ce programme nécessite du personnel formé à l’éducation sanitaire, la construction de fontaines et de latrines, Cette association organise la distribution de l’artisanat fabriqué par la coopérative. Elle prend une commission qui permet en partie le financement de ce programme

Le bénéfice de la vente de cet artisanat se situe à plusieurs niveaux

 

 

  1. bénéfice pour les productrices: amélioration de leur situation économique, d’où une meilleure accessibilité aux soins (les médicaments sont coûteux) et par suite le maintien des populations rurales dans les campagnes

  2. financement d’un programme de développement sanitaire par la construction de fontaines et de latrine et l’enseignement aux adultes des principes d’hygiène de base, ce qui améliore les conditions sanitaires et permet l’emploi sur place de techniciens de santé formés à l’école de Gorkha. Ce qui contribue également à maintenir les populations rurales dans les campagnes

 

III. ARTISANAT DE GORKHA

 

 

 

1 -

Qui fabrique quoi et dans quelles conditions

Certaines artisanes sont d’abord agricultrices et tricotent ou cousent durant les heures chaudes, de 11h à 17 heures.

Couturières


Elles fabriquent des sacs ou des chapeaux qu’elles vendent pour augmenter leurs ressources.

 

Certaines n’ont pas de champs et consacrent tout leur temps au tissage ou à la couture, chez elles. En tout état de cause, il ne s’agit pas de manufactures. La coopérative dispose de 4 machines à coudre. Les artisanes cousent des trousses d’écolier et des petits sacs en toile de fibre végétale tissée (ortie, chanvre), des sacs à bandoulière de tailles diverses, tissés ou cousus, des chapeaux tricotés. La méthode de tricot est le crochet. Les matières utilisées sont du coton, de la laine, du chanvre. Un rouleau de toile de fibre d’ortie coûte environ 6€ et permet la confection de 12 petits sacs (12cmx17cm) à porter sur la poitrine. Chacun de ces sacs coûte en matière première (toile, ruban, tirette) environ 1,10€ et nécessite 2h30 de travail. Ces sacs sont vendus en magasin à Kathmandu à 1,50 €, transport et marge bénéficiaire du revendeur compris! C’est dire à quel point le temps de travail est peu considéré! En les payant sur place 1,85 € pièce, nous permettons aux artisanes de réaliser un bénéfice personnel supérieur et également d’alimenter le fond de financement du programme de développement sanitaire.

Les madels


La même coopérative travaille avec un groupe d’artisans qui fabriquent des tambours...

...les “madel”, tambours oblongs à deux faces de percussion, très répandus dans les collines, les “dampu”, ou tambourins et les “dengro”, grands tambourins utilisés pour des rites.

 

 

2 -

Quelques exemples

 

Dénomination de l’objet

Coût
mat. première

Temps de travail

Prix de vente
“Artisans”

Prix de vente
Free of Board

Sac en toile d’ortie
cousue 12cmx17cm

1,10 €

2h30

1.85 € *

2.30 €

Trousse en toile d’ortie cousue

0,45 €

1h00

0.85 €

1.85 €

Chapeau en fibre de coton tricotée

1,10 €

7h00

1.95 €

3.10 €

Sac patchwork 30cmx30cm

1,10 €

12h00

2.90 €

4.60 €

Sac en chanvre tricoté12cmx17cm

0,40 €

5h00

1.55 €

2.60 €

Tambour “madel”

4,60 €

18h00

6.75 €

10.70 €

 

“Free On Board” comprend en sus du prix “artisans”: le travail de gestion, l’empaquetage, le transport jusqu’à Kathmandou, les taxes douanières népalaises. Mais pas le transport jusqu’en France, la taxe de manutention de l’aéroport, les douanes françaises, le transport à partir de l’aéroport, la TVA...

 

 

IV. EN PRATIQUE

 

 

Ce programme a fonctionné quelques années (de 2002 à 2006).
Mais son principal défaut a été son absolue authenticité : les artisanes, productrices à leurs moments de loisir et selon leur inspiration, n'étaient pas en mesure d'assurer un volume suffisant ni une qualité constante de leur production. De ce fait, elles n'ont pas intéressé les grandes centrales d'achat du commerce équitable, pourtant sollicitées par nos soins.

Pour que le projet soit viable, il aurait fallu des commandes régulières à hauteur de 300 euros par mois : c'était beaucoup trop pour AFPN et pas assez pour la grande distribution.

 

 

 

pour AFPN, la présidente, Dr Françoise Halbwachs

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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